BDSM La laisse AURORAWEBLOG

                                       Photo © Marcus Lindner

 

Cette note qui se voudra un peu plus loin sérieuse, je souhaiterais la commencer par un sourire.

Les requêtes qui ont pointé depuis quelques jours par les moteurs de recherche sur mon blog ont été différentes de celles des semaines précédentes.

Par exemple « détruire Aurora » n’existe plus : nous allons donc penser que le virus Aurora a été éradiqué des PC .

Bien sûr, c’est « Le Journal d’un Maître » ou « Maître Patrick chez Cauet » qui amènent les visiteurs.

C’est paradoxal mais pour finir, je pense que je ne fais aucune publicité à ce livre mais que lui m’en fait !!!

Les deux plus belles aujourd’hui sont, comme on peut l’imaginer, en requête unique ( tapée par une seule personne) :

« maître patrick sexe t il ? » (joli verbe, bonne question mais c’est à lui qu’il faut la poser…)

« le journal d’un maître pierre flammarion » ( Pierre ou Patrick, ma foi...Tant que quelque fan de Molière et de « L’Avare » ne cherche pas le journal de Maître Jacques, cela ne devrait pas provoquer trop de déceptions….)

 

A part ça, je retrouve mes deux requêtes habituelles en  une cinquantaine d’exemplaires à chaque fois : « bdsm » et « humiliation bdsm ».

 

Cet « humiliation bdsm » me surprendra toujours et pourtant, il conduit bien chez moi. J’ai fait une note là-dessus…en 2003.

L’importance qu’il prend dans les recherches me laisse à penser que cette « humiliation » est vraiment très importante pour les gens, de quelque côté de la badine qu’ils se situent…

Cette note, je suis allée la relire et je me suis dit qu’il était l’heure de la compléter.

 

C’est quoi l’humiliation dans le cadre de nos pratiques ? Cela peut-être verbal ou physique.

Verbal ? Comme à l’époque, je dirais « Jamais ça ! ».

Je suis faite ainsi, attentive au moindre mot, même la petite cochonceté entre amoureux « vanille » m’égratignerait grave la libido. Je ne parle même pas d’une voix qui m’ « aboierait » des ordres…

 

Pour le physique et en laissant de côté les extrêmes (je n’ « extrême » pas, moi, M'sieurs Dames !), je m’aperçois aujourd'hui que, somme toute, tout se situe du point de vue de celui qui vit les choses.

Sans doute vis-je parfois des situations que certains nommeraient « humiliantes ».

En écrivant « Déposer » il y  quelques jours, je faisais bien allusion à ce que d’autres nomment « l’échange de pouvoir ».

Lorsque se produit cet échange, lorsque l’on dépose dans les mains de l’autre tout et soi-même, il y a une bascule qui s’opère. A la lettre, on pourrait alors dire que « pendant un incertain temps » l’un devient supérieur et l’autre inférieur.

J’ai bien écrit « à la lettre ».

Les gestes accomplis par l’inférieur symboliseraient alors dans leur humilité, une sorte d’abaissement qui constituerait soit l’humiliation par l’autre, soit l’auto-humiliation acceptée.

J’ai mis volontairement tous les verbes au conditionnel.

 

Je ne le vis pas ainsi.

Etre à genoux, porter un collier et sa laisse, entrer dans une cage, être attachée ou flagellée ne m’ont jamais fait me sentir ni humiliée, ni inférieure. Même si je sais que pour d’autres, c’est le cas et qu’ils en tirent leur bonheur.

C’est autre chose pour moi. C’est un ressenti de plaisir qui ne passe pas par l’humiliation.

Peut-être tout simplement parce que je ne « joue » pas, au sens entendu par « théâtre ».

Je « joue » autrement.

Dans ces instants-là, deux choses adviennent : la première est que je rentre en moi-même, je suis plus présente à moi-même que d’habitude, comme les enfants pris dans leurs « jeux ».

C’est un peu comme une sorte de caisson sensoriel où je pénètre et où je me trouve. Débarrassée de mes scories : moi-même de la peau à l’os !

 

Pourtant, me dira-t-on, une cage ! Avec toute la connotation qu’on peut lui donner…

Et bien, oui, même une cage.

Justement, une cage, c’est un bien beau moment d’introspection que l’on peut y vivre.

Tout est affaire de connotation.

Et la laisse des chiennes ? s’étonnera un autre.

Je la laisse aux chiennes, aurais-je envie de lui répondre, la mienne est tout autre.

Les objets, les postures n’ont que le sens que l’on veut bien leur donner.

Comme mon fils qui fait d’un bout de bois coudé un extraordinaire pistolet à laser.

 

Il y a ensuite le second aspect : le « paraissant inférieur » pendant cet « incertain temps » se retrouve l’objet de toutes les attentions de l’autre. Et c’est d’être cet objet que précisément il devient sujet.

Lorsque M. me lie, je sais qu’il s’efforce de me sculpter à sa manière, lorsque M . me fesse, je sais qu’il cherche à me faire vibrer, sonner, chanter.

Lorsqu’Il me veut à genoux, je ne me sens jamais « moins que d’habitude ».

Je me sens différente.

 

Et, puisque je ne renie pas quelque tendance à l’exhibition, même s’il y a un public (on supposera avec raison qu’il s’agit d’un public averti et donc généralement discret), je ne me sens pas humiliée, inférieure pour autant.

Peut-être, selon leurs critères, est-ce pourtant effectivement ce qu’ils voient…parce que c’est ainsi dans leur tête.

Mais ce type de regard ne m’atteint jamais. Je ne l’ai jamais senti.

Sans doute y a-t-il toujours une barrière, un écran magique entre lui et moi.

Entre lui et nous, devrais-je dire…