AURORA blogue AURORAWEBLOG

 

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont envoyé un mail ces jours-ci.

Le texte de ce soir constitue en fait ma réponse à Keyser sur son commentaire ici.

Je n’avais pas le temps de « produire » deux textes aujourd’hui…

Il est venu ainsi, à la 3ème personne, pour marquer que « la blogueuse » n’est qu’une partie de moi.

 

 

La blogueuse blogue depuis un peu plus de deux ans maintenant sur un même sujet et, c’est vrai, elle commence à trouver son blog pesant.

Il arrive à la blogueuse, parce qu’elle aime écrire, de songer à aller faire un tour du côté de chez xxx (ou autre) pour y redevenir tout à fait anonyme et parler d’autre chose…vraiment d’autre chose, de ce qui compte réellement dans le monde.

La blogueuse reste cependant encore un peu car il lui semble avoir encore quelques choses à dire et parce qu’ici, il y a des copains de la première heure, qui n’ont rien à voir avec le sujet de son blog (qui les a parfois étonnés au début) mais qui sont venus petit à petit s’y poser, sans partager plus qu’autrefois, mais simplement par respect, par tolérance.

Toutes choses qu’elle-même éprouve à leur endroit.

Et c’est cela dont la blogueuse est fière.

 

La blogueuse n’a pas de comptes à régler. Elle a en revanche une histoire.

Si l’ « Histoire d’O » n’a été pour elle qu’une lecture « romanesque » qui lui a révélé à seize ans un certain chemin, tout comme un autre écrivain avait « défriché » le sentier pour elle deux ans auparavavant : Mandiargues dont les « figures esthétiques et érotiques » de « La Motocyclette » l’éblouirent tant  et tant jusqu’à ce que M. lui montre, croquis géométrique à l’appui, qu’elles étaient aussi… surréalistes que leur auteur !

 

Puis (ou « mais ») la blogueuse a dans sa vie, un peu plus tard, parvenue à l’âge adulte, rencontré « Le Lien ».

Et ce livre a hélas été l’objet de toutes ses mésaventures.

Ici, en France, pour la génération de la blogueuse ce livre constitue la Biblounette SM ou BDSM. A ce qu'elle voit sur les sites anglo-saxons, sous le titre « The ties that bind », il est aussi une référence.

Il ne l’est d’ailleurs pas que pour la génération évoquée. Beaucoup de blogs de jeunes gens « mythifient » aujourd’hui encore Vanessa Duriès, morte dans un accident de voiture à 21 ans. Le syndrome James Dean fonctionne toujours bien.

 

La blogueuse n’aurait rien à en dire si d’une part, elle n’avait vécu dans la ville de Vanessa à l’époque du livre et si des témoins ne lui avaient affirmé que tout n’était pas à l’image de ce récit dans la vie du couple en question.

Il est évident d’ailleurs pour le plus simple lecteur de se rendre compte que si Vanessa aima vraiment son « Maître », la réciproque n’est pas parlante dans ce livre qui fut, lui aussi en son temps, une belle opération de marketing.

Elle se tairait encore si d’autre part, elle n’avait la quasi-certitude (précaution d’écriture) que ce livre n’a pas été écrit par Vanessa mais rewrité.

Et enfin la blogueuse se bâillonnerait si ce récit n’avait induit tout le BDSM autour d’elle et donc dans sa propre vie pendant longtemps sous quelques postulats décrétés comme des lois par les « maîtres » qu’elle rencontra.

 

Parlons de ces postulats.

Pour commencer, la soumise se devait à l’instar de Vanessa, d’être ou de devenir bisexuelle. La blogueuse ne l’était pas.

Ensuite, la soumise était « utilisable », par tous et toutes. La blogueuse ne l’était pas.

Pour terminer, la soumise n’avait pas de mot à dire et devait se soumettre en tout.

La blogueuse ne voulait pas être une serpillère.

 

Il n’est déjà pas facile d’avoir une sexualité en décalage avec celle du plus grand nombre. Etre en décalage complet chez les siens en plus, c’est terrible !

 

La blogueuse  a donc rencontré des mini-maîtres et autres longtemps, longtemps…

L’oie tombait dans tous les pièges, elle s’est chaque fois retrouvée déçue, trompée. Mais on lui disait « C’est toi qui es mauvaise ».

 

Puis la blogueuse a fini par trouver d’autres liens, des lectures virtuelles pour la plupart (merci à Mme F.A.) et tout d’abord par se connaître elle-même, puis par comprendre que toutes ces « obligations » n’étaient que des « châteaux de cartes » et qu’il lui suffisait à elle, de souffler pour les faire tomber et commencer à se construire.

C’est dans cet état d’esprit qu’était la blogueuse lorsqu’elle a connu M.

 

Et, plus tard encore, est venu le temps du blog.

La blogueuse l’a dit souvent : à la différence d’un livre, un blog n’a pas d’unité.

Les pages de ces trois ans ( si l’on inclut les archives ) reflètent donc une évolution de la blogueuse .

Commencé dans l’intime-intime, ce blog s’est de plus en plus ouvert et il est arrivé un temps où la blogueuse a pensé qu’il devenait important de montrer du doigt tous les paradoxes, toutes les contradictions et donc tous les pièges et les chausse-trappes qui étaient ici et là dans les fondations du BDSM et chez certains personnages en particulier.

 

Il en est advenu ainsi quand la blogueuse a commencé à être « un peu » lue.

Elle a alors pensé que ce blog, s’il devait continuer, ne pouvait le faire qu’en servant à quelque chose, c’est à dire en rendant à d’autres ce qui lui avait été apporté à elle autrefois.

Eviter peut-être à quelques-unes d’être l’oie qu’elle fut. Permettre à quelques-uns de réfléchir.

 

Ecrire seulement sur son « personnel » ( moi, mon Dom, mon bon Dom, mon Dom et moi, mon bon Dom et moi) lui est apparu alors comme insuffisant.

 

Elle le reconnaît elle-même : la blogueuse est acerbe.

Mais c’est son ton, sa façon d’écrire.

Cela ne signifie en rien qu’elle règle des comptes.

Quand elle parle du « Milieu », c’est pour l’avoir, oui, un peu côtoyé.

Le lui reprocher serait une idée absurde. On n’a le droit de parler que de ce qu’on connaît. Sinon ce serait pure malhonnêteté intellectuelle.

Elle dit donc ce qu’elle en pense. C’est vrai que ce n’est pas du bien.

De là à écrire, comme l’a fait Keyser qu’elle le « hait », il y a un pas que la blogueuse ne permet pas de franchir.

On ne « hait » pas une entité. S’il fallait vraiment choisir un mot et le rapporter non à l’ensemble du « Milieu » mais à quelques-unes de ses figures, la blogueuse parlerait de « mépris ».

Un « mépris » dans le sens Moravia-Godard…

De plus, après avoir lu la blogueuse, qui n’a jamais prétendu être évangile, chacun/e est ensuite libre d’en prendre et d’en laisser.

Mieux encore, de forger sa propre opinion.

La blogueuse ne souhaite à travers  ses productions qu’apporter une humble participation  à l’éveil de l’esprit critique.

 

La blogueuse essaie en parallèle d’être, le plus qu’elle le peut, positive et de montrer ce qu’elle a à opposer à ce qu’elle décrie et pointe de l’index.

Si elle présente un « Patrick Le Sage » ( « Maître Patrick » ) ou d’autres en étant sarcastique (voire en décortiquant vraiment tout comme dans le cas cité), elle donne par ailleurs d’autres liens vers d’autres sites de « Maîtres » ( Le Squale, Alamut ) pour lesquels elle éprouve du respect et de l’amitié, même si elle n’est sans doute pas dans leur ligne à 1000 pour 1000.

Elle pense qu’il y a chez eux de quoi nourrir une vraie réflexion.

 

Elle salue aussi ses compagnes telles Bricabrac et Mélie qui ont le courage de ne pas vivre dans l’illusion et la béatitude mais d’être ce qu’elles sont et de le dire .

Et quand elle trouve ailleurs aussi un beau texte, elle le signale.

 

Sur les gens qu’elle malmène, un peu ou beaucoup, la blogueuse ne se taira pas.

Elle considère que ce n’est pas leur faire de la publicité que de parler d’eux mais que c’est le silence sur leur forfanterie qui accréditerait celle-ci.

La blogueuse répète ici (sans orgueil mais comme un constat) qu’étant « un peu » visible, elle est « un peu » lue.

Elle SAIT qu’elle peut dans certains cas servir de petit contrepoids, par exemple dans le cas d’une campagne de promo.

Petit, mais pour jouer de la sonorité, pensez à l’effet que peut produire le petit « pois » dans le lit de la Princesse du conte qui porte ce nom.

 

Et ensuite la blogueuse s’en retourne à ses jolies photos, aux œuvres d’art qu’elle aime faire découvrir, à ses poèmes, à ses textes personnels. Elle s’en revient vers son « Guide » à elle dans ses écrits.

Jusqu’à la fois suivante, jusqu’à ce qu’un autre sujet l’interpelle.

 

Et il en sera ainsi tant que durera ce blog.

Combien de temps désormais ?

Elle ne le sait pas, elle ne le sait plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

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