Pierre Joël Art Corporel AURORAWEBLOG

                                              Photo © Pierre Joël 

Pierre Joël est un photographe strasbourgeois que j’admire depuis bien longtemps.

Sa palette et sa galaxie ne sont pas lointaines de celles de mes mots, de « mon monde » tel que je le vis.

Techniquement j’aime son travail sur la couleur.

Symboliquement, l’onirisme qui transparaît de ses images font que celles-ci me parlent particulièrement, me chuchotent même doucement à l’oreille…

Ce n’est pas pour  rien que son site se nomme « Art Corporel »…

Je lui avais demandé il y quelque temps l’autorisation de publier certaines de ses photos sur mon blog. Il a bien voulu me les offrir. Je lui exprime ici mon infinie gratitude.

Et je vous invite à aller le visiter, toutes affaires cessantes, ici .

Lorsque j’ai décidé de raconter ce rêve, c’est cette image de lui qui s’est imposée tandis que j’écrivais.

 

 

Avant celui-ci, je n’avais jamais fait un rêve érotique qui « aboutisse ».

Je n’en ai jamais fait que peu, d’ailleurs je ne rêve pas souvent, mais ils m’ont tous marquée par une similitude. C’était toujours des hommes célèbres et chauves qui en étaient l’objet. Ainsi, jeune fille, j’ai séduit des dizaines de fois Michel Piccoli. Plus tard, ce fut à plusieurs reprises Laurent Fabius qui en fut le héros.

L’année dernière, je me suis même retrouvée en situation très chaude avec Alain Juppé.

On voit à ce dernier que mes rêves n’ont que peu à voir avec mes idées politiques.

Du rêve de cette nuit, je retiendrai et l’ « accomplissement » du « délit » et la chevelure abondante du partenaire. « Vous », bien sûr, existe et ce texte lui est dédié par sympathie amusée.

Je remercie M. de ne pas m’avoir tenu rigueur de cette infidélité involontaire et de ne pas s’être opposé à ce que je la publie ici.

Un rêve est par essence une fiction. Toutefois, certains éléments tiennent du domaine du réel et sont explicables. Ainsi, l’allusion à Adjani ne m’étonne point : en achetant mon journal, hier, j’avais remarqué que ses déboires sentimentaux faisaient la une des hebdos à sensation.

Enfin, si mon rêve de cette nuit n’a en apparence rien de BDSM, il y est pourtant lié quelque part.

Mais là, je n’en donnerai pas la clé…

 

 

Je vous avais demandé de me remplacer pour deux journées d'audiences au Palais que je ne pouvais assurer ayant dans la première matinée quelque chose d’important à faire (cette chose m’échappe maintenant).

Vous aviez accepté bien que nous ne nous soyons côtoyés que par mail et il qu'y ait déjà longtemps que nos dialogues se soient interrompus. Cela tombait bien pour vous en fait : vous deviez venir dans ma ville pour surveiller l’accrochage de vos tableaux, le vernissage de votre exposition ayant lieu le lendemain soir.

 

Je fis ce que j’avais à faire puis vers midi, je voulus tout de même venir au Palais pour vous remercier d’une part et pour savoir si tout se passait bien.

Je marchai dans le couloir jusqu’à la porte. Lorsque je vous vis, ce fut comme un raz de marée, quelque chose d’absolument incroyable et irrésistible, je me sentis attirée vers vous sensuellement, sexuellement comme par un aimant. Pourtant, vous étiez comme vous êtes, ou comme je vous imagine, aussi froid et distant qu’un glaçon.

Mais moi, je brûlais. Et je me disais que votre liaison avec Adjani que toute la presse avait en son temps rapportée, était vraiment tout à fait compréhensible.

Vous aviez seulement une demi-heure pour déjeuner avant la reprise.

Je vous demandai si nous pourrions nous voir le soir et si je pouvais faire quelque chose pour vous. Vous avez répondu positivement et, me donnant un plan rigoureusement tracé, m’avez recommandé d’aller passer l’après-midi dans la galerie afin de faire en sorte que vos tableaux soient disposés ainsi que vous le désiriez.

 

Je ne savais rien de ce que vous peigniez. Aussi fus-je surprise que toutes vos oeuvres soient en fait d’immenses tableaux très colorés reprenant sur un fond de volutes et de mouvements abstraits les slogans de toutes les luttes sociales de notre époque.

Les plus belles de vos toiles, gigantesques, représentaient les phrases des Républicains et des anarchistes anti-Franco durant la Guerre d’Espagne.

Il y en avait une aussi, plus petite. Curieusement, bien que côtée, notée dans le catalogue, vous n’aviez pas prévu de place pour elle. Aussi les appariteurs l’avaient-ils déposée contre un mur où elle demeurait.

Celle-là, j’aurais donné n’importe quoi pour l’avoir mais son prix ne me permettait aucun espoir. C’était un carré noir de 60 sur 60 qui était simplement zébré de lettres rageusement tracées en jaunes « Rifiuto del lavoro », le mot d’ordre des mouvements d’extrême-gauche dans les années 70 en Italie.

Tout le temps que je suis restée là, je n’éprouvais que ce désir obsessionnel que j’avais de vous et qui me mangeait le ventre.

 

Vous êtes enfin arrivé en fin d’après-midi. C’est tout naturellement qu’après quelques mots, je vous ai dit que je ne pouvais me payer cette toile mais que j’aimerais que vous me la donniez .

Vous m’avez répondu que c’était pour le moins incongru et que non, vous ne donniez pas vos tableaux.

Puis malgré ça, vous lui avez jeté un rapide coup d’œil et vous m’avez dit de la prendre.

Alors d’un seul souffle, je vous ai avoué que depuis la première seconde, j’avais une envie terrible de coucher avec vous et je vous ai demandé dans quel hôtel vous étiez descendu.

Vous m’avez paru presque choqué de ma requête mais cependant vous m’avez invitée à dîner.

 

C’est moi qui tout à coup me suis trouvée désemparée. Je vous ai fait part de mon embarras : je ne savais pas comment expliquer à mes parents que j’allais découcher.

Vous m’avez fait observer ironiquement le paradoxe qui existait entre s’offrir ainsi à un presque inconnu et le fait de ne pouvoir assumer une sortie nocturne.

J’ai fini par conclure que ce n’était pas grave et que je trouverais bien un mensonge à inventer.

Vous êtes revenu à la charge pour me déclarer que ce n’était pas de petit mensonge en petit mensonge que j’acquérais cette liberté qui semblait pourtant m’être si chère et que je vous semblais avoir bien du chemin à faire.

 

J’ai ramené la toile chez moi, je me suis disputée avec mes parents qui désapprouvaient l’absence que j’annonçais.

Puis je suis revenue vers vous.

 

Après, il y a eu la chambre. C’est moi qui me suis jetée contre vous. Le mot qui me vient à l’esprit est appétit, voracité. Je me suis jetée contre vous comme une affamée.Votre corps était d’une chaleur surprenante, vous qui paraissez si glacial, si peu « charnel » en définitive.

Et c’est ainsi que j’ai fait l’amour avec vous en rêve, que nous avons fait l’amour ensemble avec les mains et les ongles, avec les dents aussi.

Toujours est-il qu’à mon réveil, ma certitude était celle d’avoir été louve cette nuit…

 

 

Et je me demande encore ce soir…

Tout cela est-il du seulement au fait d’avoir vu « Le mystère du Lapin-Garou » hier ?

Sourire…

 

 

 

 

 

 

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