BDSM Entre ses mains AURORAWEBLOG

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Lorsqu’elle se retrouve nue, elle est déjà heureuse.

Etre nue, ce n’est jamais banal.

Que ce soit lui qui l’ait mise ainsi, la dépouillant peu à peu de ses diverses peaux de tissus ou que ce soit elle qui en soit venue là, en parlant comme si de rien n’était, ôtant donc elle-même ses pelures, le fait est qu’à la fin, dans un cas comme dans l’autre, c’est le silence qui tombe.

Improvisé toujours, nul ne l’a vu venir, mais fatal, immuable...

 

Déposer, c’est remettre pour un incertain temps tout le pouvoir sur son corps à l’autre.

La nudité et le silence sont d’or alors.

Ce dépôt, c’est un ressenti de l’esprit avant tout, un vécu du corps en second lieu.

Désormais, Tu me toucheras comme Tu le voudras, je T’ai donné ce droit à l'instant précis de ma dernière étoffe chue à terre.

Je T’ai donné ce droit : je ne le reprendrai pas. Pour un incertain temps.

Je n’y pense même pas, je suis dans mon abandon de moi-même.

Je dépose. Tu disposes.

Je me suis confiée.

Maintenant, je suis ailleurs. Non plus sur mon enveloppe charnelle mais en elle.

Je me sens à travers ce que Tu me fais sentir.

Je me ressens à travers ce que Tu me fais ressentir.

 

Je suis en Ton pouvoir.

 

Ce qui pleut sur ma peau, en cire qui m’embrase ou en claquements secs qui me strient en cadence, en contact chair à chair, la paume de Ta main qui enflamme mes fesses, c’est par Ta volonté.

 

Moi, j’ai tout déposé.

Les armes, les plaintes, les bagages, l’argent, le bilan…

Tout ce qui est transitif pour ce verbe.

Tout ce qui est transitoire en fait.

Et voici que soudain, je touche à l’essentiel.

 

Faut-il vraiment se perdre en mots pour dire que pendant un incertain temps, je suis vraiment nue ?

Et que d’être à Toi, je suis vraiment moi.

 

 

 

 

 

 

 

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