BDSM soumission AURORAWEBLOG

                                             Photo © Gili Shani

 

J’ai toujours mis un point d’honneur sur ce blog à dénoncer une vision de la soumise véhiculée par de pseudo-dominants sur le Net, réaffirmée par les romans BDSM de bas étage, vision qui rendait bien service à quelques piètres « maîtraillons ».

 

Je ne suis pas la seule. Dans le monde des weblogs pour adultes, Bricabrac, Mélie font de même.

 

Elles ne sont pas elles non plus uniques. Mais je ne veux donner de liste qui ne serait pas exhaustive.

Et encore ne faut-il pas oublier toutes les autres, non-blogueuses, qui sur des forums libres et gratuits où tout le monde peut s’exprimer ou sur les listes que MSN s’apprête à supprimer tiennent des propos semblables .

 

Toutes ces femmes soumises et/ou masochistes témoignent de ce qu’elles refusent et notamment de ces « abordages » ou « candidatures » virtuelles sauvages du type « T’es habillée comment ? », « Quelles sont tes pratiques ? », « Donne-moi tes limites. », « Obéis à mon premier ordre : décris-toi ! », « Allez, on passe sur Messenger, hop ! ».

Pas besoin d’être devin pour imaginer la « qualité » de celui qui se tient derrière le clavier.

Pour « tchatter » aujourd’hui encore moi-même sous un pseudo de couple, sans profil, sans annonce ( ce qui indique clairement sans recherche ), si je suis beaucoup moins sollicitée qu’autrefois par ces gens, il m’arrive pourtant à chaque connexion d’une ½ heure d’avoir deux « tentatives » de ce type.

 

Mais à côté de cela, il y a un envers du décor.

J’ai pour amis virtuels quelques Dominateurs.

Je les ai choisis, nous nous sommes choisis - devrais-je dire - soigneusement pour palabrer.

 

Je connais l’un d’entre eux depuis des années et un autre chat BDSM.

Outre le fait d’être un « vrai » D., c’est à dire quelqu’un capable de guider et non un simple fauve aux aguets, c’est aussi une personne exquise et cultivée.

Je fus autrefois pour lui une correspondante célibataire mais éloignée géographiquement : nous n’avons donc jamais eu que des dialogues de réflexion mais je peux me porter garante de sa courtoisie.

Or, son œil avisé m’a fait prendre récemment conscience d’une chose : quasiment tous les profils de soumise « en recherche » demandent respect, dialogue sur affinités, affirment désirer une relation durable et disent honnir les prétentieux qui posent leurs jalons avant même que d’avoir fait réellement connaissance à travers ces messages échangés qui sont pour beaucoup leurs « rendez-vous » du soir ou de l’après-midi.

J’ai vérifié et c’est bien le cas. On ne peut que louer cette précaution de soumises.

 

Or, le même Dominateur, lorsqu’il entame un dialogue avec des femmes, choisit celles qui ont une annonce de ce type puisqu’il est lui-même à la recherche d’un rapport axé sur l’avenir et la durée et s' enquiert après les politesses d’usage, en homme délicat, de ce qui intéresse l’autre.

Amateur d’art, il tombe souvent sur des oiselles qui ont du répondant de ce côté-là.

Joli moyen de discuter, de s’approcher, de savoir échanger en attendant de parler d’autre chose, de BDSM par exemple.

Marden et moi, autrefois, mîmes plus de deux mois à aborder ensemble  ce sujet.

 

Mon ami ( et quelques uns des siens ) n’a sûrement pas de chance. Si l’art, la vie et d’autres choses intéressent bien à première vue les dames qu’il clique, il se trouve cependant éjecté de leurs contacts dès le second soir.

Motif : il n’a pas été assez rapide pour en venir à l’essentiel.

D’où sa stupéfaction  ( et la mienne ).

 

D’autant plus que dans le même temps, quelques jeunes messieurs - caricatures de maîtres « dans le vent » ( de la tenue vestimentaire au vocabulaire ) qui, lorsqu’on lit leurs profils semblent considérer le BDSM comme une discothèque où se montrer - croulent littéralement sous LES soumises.

De semaine en semaine, ils « ont le plaisir d’annoncer » qu’une nouvelle s’est jointe à leur duo, puis à leur trio…

 

Alors maintenant, avec cet éclairage, je me pose une question qui est, avec quelques nuances, celle que Marden me suggéra une fois :

Au-delà du « dit » que l’on trouve dans leurs profils et annonces, quel est le « non-dit » des soumises du Net et « Qu’est-ce que ( ou qui ) recherchent-elles vraiment dans le BDSM? »

 

 

 

 

 

 

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