automne AURORAWEBLOG

                                             Photo © Dan Sandham

 

Il fait un temps entre deux temps. L’automne est bien morte saison.

Depuis la densité de l’air, alourdie comme par la pluie, jusqu’à  la tiédeur bien hâtive parfois de quelques embellies…

Rien ne se fait encore connaître et tout est vert, à deux-trois jours de disparaître en jaune épais. Rouge surfait.

L’automne est comme un crépuscule, une nostalgie prononcée, un doux adieu aux libellules, aux coccinelles envolées.

 

La campagne est toujours la même et elle est déserte à cette heure. Je me suis un peu plus couverte que ces jours-ci…

Tu erres dans quelque taillis, je m’appuie sur une barrière.

Tu peux chercher des champignons, je peux imaginer, lascive, que Tu chasses quelque badine pour m’en fustiger les mollets. Badine que je rêve fine, une branche vite effeuillée.

Ce dont je rêve, y songes-Tu ? Toi qui sais si bien me connaître, bien mieux que je ne me connus…

 

Je T’entends qui froisses les feuilles, je ne T’ai pas accompagné. Il est rare que je m’aventure dans les fourrés.

Je reste là à savourer un soleil qui boit mon visage avant de verser vers le soir…Boudeuse d’être abandonnée. Ne vaux-je pas bien les girolles?

Tu m’appelles au fond du sous-bois, il est bon que Ta voix me mène. Lorsque je me perds, je m’affole, la peur m’entraîne…

 

Tu as trouvé, là sous un chêne, une pleine étendue de mousse. J’ôte feuille à feuille mes feuilles. Je m’étends sur le velours vert. Il est humide, il est baigné de cette vie qui s’évapore, il sent à plein nez cet état entre l’été et puis l’automne, quand la nature crie plus fort juste avant de devoir dormir.

 

Ta baguette me cueille là, nue, d’un coup que je n’ai pressenti. Même son sifflement n’a pu me tirer de mon alanguie.

Et se succèdent, étouffés par tous les arbres alentour, Tes coups, mes cris, mes pleurs, mes rires et nos amours…

 

 

 

 

 

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