bdsm rencontres virtuelles AURORAWEBLOG

                                   Image Penstock

 

Je parcourais aujourd’hui des petites annonces BDSM. Volontairement. J’avais pris un peu de mon temps pour ça.

Pas pour mon compte, que l’on ne se méprenne pas ( je suis devenue très méfiante quant à ma façon de m’exprimer ici de peur d’être mal lue, donc mal comprise et mal « interprétée » ).

Je voulais donc les lire en entomologiste.

 

J’ai commencé par un site réputé pour être le top de l’annonce.

Rien que du navrant.

De la prose sèche d’homme D. ( comme ils disent ) qui cherche mais qui le fait en quatre ou cinq lignes d’une rare exigence sans rien offrir, lui, sans donner le moindre petit désir, la moindre raison de le rencontrer.

De la dame tout aussi D. qui monnaye subrepticement ( ça n’est jamais précisé mais elles renvoient sur leurs sites qui, eux, ne laissent pas de doute à savoir y lire entre les lignes ) son offre très technique.

Des soumis en pagaille, du hard au tendre et désespéré, prêts à tout. C’est normal vu le surnombre.

Quelques rares soumises dont on ne peut savoir si elles sont toutes des femmes tant parfois l’annonce fleure le style masculin.

Et enfin des couples où monsieur propose madame. Là, il y a pléthore.

Il est en outre demandé de ne pas reposter : les doublons seraient expulsés. Le ménage s’ y fait bien mal puisque, outre les annonces des dames « non gratuites » qui sont reconduites de semaine en semaine, on retrouve les autres aussi qui ravivent de mois en mois, sans changer un iota.

Ces gens ne trouvent donc jamais.

 

Je suis passée sur les listes ensuite. C’est du même tonneau.

Un peu plus « humain » tout de même ( le « payant » est absent )  mais avec la même logique mathématique rationnelle : pour cinquante annonces d’hommes, il y en a quatre de femmes ( non « présentées » ou « proposées » par un autre « maître »).

On peut donc les supposer concrètes et émanant de personnes désireuses de bâtir.

 

C’est là donc que quelquefois des choses étonnent.

Sur les listes, il n’y a pas que des annonces, il y a aussi des forums. On peut ainsi y suivre le « trajet » de quelqu’un.

On lit les propos d’un participant X. : il apparaît comme ouvert et sympathique.

Mieux même : il y a, semble-t-il, là des hommes très bien.

Des non-Dominators, des qui parlent de guider, d’amener vers, qui ont compris les mots partage et respect. Qui sont clairs dans leur tête.

Ils ont généralement entre 40 et 50 ans, c'est indiqué dans leurs profils.

On s’étonne de les retrouver en perpétuelle recherche, ceux-là.

 

Il ont pourtant des périodes de félicité.

Tel propose en juillet son « album » : il a donc une soumise qui pose avec lui ou pour lui.

En septembre, le revoici dans les annonces.

Et si l’on suit le parcours du même tout au long de l’année écoulée, on s’aperçoit qu’il est ainsi allé d’histoires heureuses en annonces de cette façon chaotique et sans trêve.

Je parle d’un : c’est un exemple. En fait, ils sont nombreux à faire ces aller-retours.

 

Je m’interroge. Il se passe quoi pour que les histoires des types bien ne durent pas, ne durent jamais à quelques exceptions près ?

Elles s’enfuient où leurs soumises et pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse. Et j’avoue que cela m’intrigue fort.

Autant je dirais de prendre la tangente fissa avec celui qui s’est révélé être le goujat de service, le profiteur, le mendiant de la baise glauque à deux balles, autant certains solitaires ne me paraissent pas mériter leur sort.

 

Le paradoxe est que je connais des soumises qui sont aussi à la recherche d’un « bon » dominateur. Et qui se plaignent âprement de ne pas le trouver.

Marden me souffle par dessus l’épaule « Tu devrais peut-être te demander ce qu’elles cherchent, elles. ».

Est-ce la bonne piste ? Je ne sais mais, en « bonne soumise », j’inclus donc dans ce texte.

 

Il y a quelques mois, à ma grande stupéfaction, j’avais lu un texte sur un forum où un dominateur ( Dominator au ton qu’il employait ) demandait quels signes arborer pour être reconnu comme tel dans la rue. J’en étais restée pliée de rire. Parce que les signes, je les imaginais…Et la réaction de la rue aussi selon l’ostentatoire plus ou moins grand de ceux-ci, et l’on sait que j’ai tendance à voir grand !!!

Les participants de ce forum avaient traité cela avec la même verve dérisoire que je le fais ici mais il s’était pourtant trouvé un ou une pour lui conseiller d’afficher « un regard froid et hautain ».

Damned ! Si c’est ça, pensai-je, j’ai croisé sans cesse et je croise encore des dominateurs tous les jours : mon cardiologue, l’orthodontiste de mon fils, l’ex-censeur de mon lycée, l’avocat de la partie adverse dans le procès de notre dégât des eaux (et j’en passe et j’en passe) étaient des dominateurs ! Et je l'ignorais. Mazette!

 

Mais en fin de compte le « Dominator » du forum en question n’exprimait-il pas là, au fond,  la recherche de la solution de la quadrature du cercle ?

Si les gens ne savent se rencontrer entre eux, même dans les lieux virtuels qui leur sont dédiés, comment se trouveraient-ils « dans le vague » et construiraient-ils ensemble quelque chose ailleurs ?

 

Il est bien évident que je pousse ici la logique jusqu’à l’absurde et que j’ironise.

Je ne préconise nullement le « D » écrit sur la paume de la main au marqueur noir, le « s » inscrit au rouge à lèvres rose sur le front pour aller au musée ou au supermarché.

 

Mais j’aimerais tout de même savoir pourquoi ces gens-là ne trouvent jamais leur compagne ou leur compagnon idéal et pourquoi le BDSM virtuel me semble de plus en plus comme une recherche sans fin de quelqu’un, quelque part…

Une quête permanente vouée à l’échec ou une succession de seuls « essais » et « tentatives » pour des « pratiquants » qui ne me paraissent  pourtant pas tous être des girouettes…

 

 

 

 

 

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