F COMME FANTASME ( 4 ) ( non réalisé ) : LE CLOITRE ...

 

 

Le cloître la cave

Il y ferait si bon

Ni froid ni chaud

Une subtile entrave

Et pas même un bâillon

Juste un refus des mots

 

Je replierais mes bras

Sur les oiseaux fragiles

De mes seins en émoi

Et pourtant si dociles

Je les sentirais vivre

De leur afflux de sang

Ils seraient chauds et libres

Ils seraient palpitants

De mes émois du cœur

Du feu de mon esprit

 

Je ne saurais de l’heure

Rien et bien mieux ainsi

Je serais la recluse

Absorbée en soi-même

Qui attend que l’on use

De ses limites extrêmes

Et puis rien ne viendrait

Tout juste ce silence

Que tu demanderais

Par ta seule présence

 

Il y aurait le jour

Filtrant aux meurtrières

Je l’entreverrais, sourd

A travers mes paupières

Aux trois quarts abaissées

Pour mieux pouvoir m’abstraire

Dans cette éternité

Qui paraîtrait si claire

 

Je te saurais présent

Aussi muet que moi

Attentif et aimant

Je ne te verrais pas

Je voudrais simplement

Te sentir me parler

Sans qu’un mot seulement

N’ait été prononcé

 

Entre mes bras ma tête

Voyagerait en moi

Je toucherais ma quête

Alors du bout du doigt

Pas la moindre douleur

Dans ce fantasme là

Un immense bonheur

Et seul un cœur qui bat

 

D’avoir vaincu l’angoisse

De l’absence des mots

Et éprouvé la place

La seule qu’il lui faut

Soumise oh oui soumise

Romantique soumise

Ou éthérée soumise

Comme les grincheux disent

 

Moi dans mon moi lovée

J’attendrais que tes pas

Viennent pour me chercher

Et m’amener là-bas

Là-bas où tu voudrais

Pour ton seul bon plaisir

Qu’il me soit de douceur

Qu’il me soit de martyr

J’aurais la confiance

Cette vertu  donnée

De te suivre en silence

Avec mes yeux baissés.