bdsm Madonna Meisel AURORAWEBLOG

                                                     Photo © Steven Meisel

 

J’ai raconté maintes fois comment mes « tendances » me furent révélées, à l'adolescence, par les livres.

 

L’image, ce fut autre chose.

Les « Angélique », les films d’indienne pourchassée, oui, étaient passés par là dès l'enfance.

Il y eut ensuite l'adaptation Just-Jaeckinienne d'« Histoire d’O » vue bien avant les dix-huit ans légaux : ce fut la seule fois où je fus fière d’être une girafe qui put tromper le Cerbère ciné-fatidique alors que cette haute taille me paralysait face à mes congénères.

Puis, les tableaux des Saintes inspirées, surtout celles du Caravage, les fresques de la « Villa des Mystères » à Pompéi me posèrent bien des questions l'année de mes seize ans et enfin il y eut Guido Crepax découvert deux ans plus tard…

Par contre, quant aux quelques illustrations originales des œuvres de Sade que j’avais pu entrevoir, elles me demeuraient muettes.

 

Mais une véritable iconographie SM, je n’en avais jamais vue en photo.

Internet n’existait pas, je ne connaissais pas encore de « fetish photographers », je ne savais pas même qu’il en existait!

Ce fut la publication de « Sex », l’album de Madonna sous l’objectif de Steven Meisel qui me « montra » mes premières images pouvant se rapporter directement et de façon "visible" à l’univers SM. Il me reste celle de ce harnais, harnais dont l'existence fut l’objet d’un réel bouleversement esthétique et psychologique en moi. "Phantasme" fixé.

Pour qu'il se réalise, il me fallut attendre que M. m'en fabrique un ( bien plus beau que celui de Madonna, na! ) mais onze ans plus tard...

Je me souviens donc parfaitement de toute la série "harnais" mais d’image scannée sur un magazine, je n’ai que celle-ci : le Net n’offre rien aujourd’hui de ce livre. Quant à se le procurer...

 

On pense ce qu’on veut de Madonna. Je n'ai pas un seul disque d'elle. Mais je me rappelle que pour moi ces photos furent un choc. Elles datent de 1992. Elles me permirent de me projeter et d’identifier une fois de plus mon choix ( si ma mémoire est bonne, dans cette section du fameux livre Madonna posait dans les deux « rôles » : s mais aussi D ). Je n’avais pas de doute, entre les deux, sur les images qui m’emportaient… Vers des regrets à l’époque, puisque ma vie était construite autrement.

Mais en même temps et ce souvenir est particulièrement gravé en moi vers la certitude qu’un jour, je changerai quelque chose pour que… Ce qui me décida quelques six ans plus tard à franchir complètement la grille et à m’en aller du côté du réel, je l’ai écrit aussi, ce furent les deux scènes de bondage du film « Romance » de Catherine Breillat.

 

L’iconographie est particulièrement importante dans ce qui décide de la réalisation ou non d’un fantasme. Serais-je tombée à l’époque, non sur les images du harnais de Madonna, mais sur des photos de SM explicite que je pense que j’aurais refermé la porte de mon jardin secret en me disant que je m’étais trompée de rêve.

 

Je suis aujourd’hui encore ainsi.

J’aime l’image métaphorique, jamais la réaliste clinique, la parlante qui crie ce qui ne doit être que murmuré.

 

 

 

 

 

PS : Pour les absents de ce week-end, le jeu du questionnaire-nombril continue ici !

 

 

 

 

 

 

tags technorati :
.