bdsm bondage voyeurisme AURORAWEBLOG

                                           Photo © Antonio Graell

 

Antonio Graell est un photographe totalement méconnu. Pas de site web à son nom . On le trouve seulement au hasard de quelques galeries auxquelles il participe en amateur.

J’ai été émerveillée de le découvrir : je trouve qu’il rend magnifiquement en couleurs l’atmosphère BDSM, là où des « plus grands » ( Spéliotis, Amelkovitch… ) utilisent le noir et blanc. Vous le verrez donc réjouir vos yeux ces temps-ci sur ce blog…

 

C’est une scène intime.

C’est un jeu de l’esprit.

 

Je suis attachée là, bien attachée sur ce plateau qui tourne.

Je me sens belle dans ma contrainte.

Je suis seule. Tout autour de la pièce, il y a des rideaux noirs en cercle.

Tu n’es pas là.

Je ne sais pas si Tu es derrière ces rideaux.

Je ne sais pas qui pourrait être derrière ces rideaux. Des hommes peut-être.

Peu nombreux. Très nombreux.

Peut-être qu’il n’y a que Toi. Ou personne.

 

Est-ce à un spectacle que Tu m’as amenée? Suis-je l’objet de ce spectacle ?

Mon visage est baissé. Je crois entendre des pas, des froissements de tissu.

Et ça continue à tourner. J'ai le tournis.

S’il y a des hommes là,  il faut que je les imagine.

Pour supporter qu’il y ait peut-être des  hommes-là, il me faut les imaginer à ma convenance. Méritant de regarder le spectacle que Tu offres à travers moi.

 

C’est curieux mais dans mon cerveau qui fonctionne à toute allure, je sais que je ne pense ni à des hommes beaux, ni jeunes.

Je ne peux imaginer que des hommes intelligents. Des raffinés qui ont lu, qui savent à quoi ils assistent.

Je sais, cela fait partie de l’enjeu fixé, que personne ne me parlera, n’apparaîtra, ne me touchera.

Il faut seulement qu’ils ne soient pas venus « voir » n’importe quoi.

 

Je veux qu’ils aient cette intelligence de me voir, moi, à travers mon enveloppe charnelle de cet instant.

Moi ou plutôt ce que je suis en ce moment précis.

Soumise.

Mais comme nous le concevons, nous.

 

Je ne T’ai jamais demandé ensuite s’il y avait eu des présents. Je ne voulais surtout pas le savoir.

J’avais touché du doigt ma peur, une atteinte possible de ma fierté. Pour Toi.

 

Cela seul importait.

La réalité est un songe.

Le songe est la réalité.

 

 

 

 

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