Dans « AURORAOULEWEBLOGVOLE », nous vous avions expliqué le sens du « sigle » BDSM (Bondage-Discipline-Sado-Masochisme) et l’essence de ce type de relation plus communément appelée relation D/s (Domination/soumission).

De cette approche différente de sa sexualité, je pense que l’on est très rapidement conscient : enfant, j’avais demandé dans un élan de fougue sensuelle à un petit camarade de me mordre.

Plus tard, à l’adolescence, mes lectures m’ont très vite ramenée vers ces rivages : une scène de flagellation avec une tige de rose dans « La motocyclette » de Mandiargues lue à 14 ans avait suffi à me troubler très profondément…

Comme on ne s’avoue pas toujours très clairement à soi-même ses désirs (ah ! la peur de faire partie de ces gens qu’on nomme pervers), j’ai vécu des années tout cela en pur fantasme…et en pure perte…

De plus, on ne porte pas cette étiquette sur son front et rencontrer quelqu’un qui ait les mêmes attirances que soi mais sur le versant adverse n’est pas chose aisée.

J’avais plus de trente ans et ma vie toute faite lorsque j’ai pour la première fois fait une « rencontre » à la suite d’une petite annonce à demi-mot lue dans un hebdo régional.

Rencontre désolante qui a cependant duré trois ans, très mauvaise expérience pour moi qui recherchais de l’absolu.

Puis sur un chat SM (!) , j’ai rencontré M., mon Amour avec qui je partage ce blog comme nous partagions le premier.

Nous nous sommes trouvés l’un l’autre « en corps, en âme et en pensée » bien au-delà d’une simple combinaison de tendances sexuelles voisines… C’est sans doute cela qui nous a unis et permis de réaliser ce couple que nous sommes, un couple SM certes mais un couple avant tout.

Il est mon guide et ma lumière, c’est à dire que plus que me donner à lui, je me suis confiée à lui. J’ai remis en ses mains les clés de ma confiance. De lui, je ne crains rien. C’est même encore plus compliqué que ça : j’ai le sentiment de grandir à ses côtés (je ne parle pas bien sûr de centimètres), il s’agit plutôt d’une sorte de parcours initiatique, peut-être que le meilleur mot serait « apprentissage », que le Dominant fait accomplir à sa soumise.

La douleur n’est qu’une clef de ce parcours : elle en fait partie, elle est nécessaire parce qu’elle finit toujours par être source de plaisir, sinon elle serait « absurde » au sens propre du terme.

Le BDSM est une façon de vivre ses rapports amoureux de manière très cérébrale puisque beaucoup de sensations relèvent de notre manière de les penser, de les appréhender…

Le « jeu » (qui n’en est pas un) de la soumission a ces règles-là.

 

Ma sexualité m’amène donc à me nommer ainsi : soumise et sans doute même masochiste puisque ce sont bien là les termes consacrés.

Pour le reste, je suis plutôt une femme rebelle, peu encline à accepter l’ordre établi, les modèles de la pensée unique que l’on trouve à foison en ces années, à commencer par le milieu SM lui-même qui est hélas dans ses aspects les plus connus une simple affaire de marketing ( clin d’œil à un correspondant qui me l’a fait tout récemment enfin admettre ) et non pas une « communauté idéale ».

Je vis , nous vivons donc maintenant à l’écart du bruit et de la fureur…

Et si je regarde dix ans en arrière, j’ai envie de dire que je suis beaucoup plus libre dans ma tête aujourd’hui avec mes chaînes ou mes cordes (selon l’humeur de l’heure et du jour) que je ne l’étais avant.

Libre et entravée : le paradoxe de la soumise…