Finalement, j’aurai eu un point commun avec Juppé : cette « tentation de Venise ».

 

Une « tentation de Venise », pour un blogueur de longue haleine, c’est ce désir qui vient un matin ou un soir de tout arrêter là. Falo l’a eue plusieurs fois. Blownblue, une au moins. Ils me comprendront.

Quelque part, c’est chiant un blog, ça vous colle à la patte, ça bouffe du temps et de l’énergie.

Si l’on ne fait pas dans le blog commercial qui doit rapporter, si l’on ne fait pas dans le blog humeur du jour, alors on se situe dans le domaine de l’intime ( comme le journal du même nom ) et fatalement, on a beau être masqué sous un pseudo, on livre des choses de nous.

Comment les gens les perçoivent-elles est la grande question. La plupart étant muets, ça peut aller…D’autres participent activement, d’accord ou pas, c’est sympa. Et ça ne me gêne pas, sinon il y a longtemps que j’aurais enlevé mes commentaires.

 

Seulement parfois, il arrive des problèmes à cause du blog. Et comme l’on a suffisamment de problèmes au quotidien, quand on tient un blog, on se passerait d’en avoir à cause de celui-ci.

 

Je ne parle pas des mails qui s’entassent dans ma Bal : lundi, l’un cherchait une « femme russe à épouser », jeudi un autre voulait retrouver une « femme rousse ». J’espère que c’est du spam et que tous les U-blogueurs ont reçu ça sinon, il faut croire que tous les frappadingues sont pour moi !

 

Non, il y a plus grave. En un mois, mon bilan blog se solde en trois points : le sentiment d’avoir été dépossédée quelque part de quelque chose, un « lecteur » de trop et une copine de moins en rab. C’est lourd. Plus qu’un blog n’en mérite.

 

Moi, j’écris des textes. Certains parlent de M. et moi. D’autres pas.

Je ne les ai pas classés en catégories ( je suis contre les cases et j'aime le fouillis ), écrire me prend assez de temps comme ça et l'ordonnancement me paraissait pourtant être assez clair grâce aux titres pour tous jusqu'à présent.

Quand j'épingle Dominator, je ne parle pas de M.

Quand je parle de soumises abusées par leurs millimaîtres, je ne parle pas non plus de nous deux.

 

J’ai laissé reproduire ( et le regrette amèrement et ne le referai jamais plus ) sur un autre blog un texte ancien qui parlait de ma relation avec M.

 

Parce que la dernière note en date qu’il ait lue au milieu d’août  chez moi était le «  Et quand c’est elles qui s’en vont ? », en voilà un (  le « lecteur » ) qui m’a sans doute imaginée en larmes, la valise à la main et sur le pas de la porte. Et qui y est allé de son commentaire ( pas chez moi, chez l’autre ) en me souhaitant meilleure chance pour l’avenir puisque tout n’était pas rose en ma demeure bloguée et que cela « invalidait » selon lui le texte là-bas publié. Cela m’a très profondément blessée.

 

J'ai réagi. Et l’histoire s’est poursuivie entre lui et moi par le biais de mails privés de plus en plus nuls.

La cerise sur le gâteau hier soir. Le « lecteur » est allé « allusionner » sur un troisième blog, toujours pas chez moi.

 

Je ne suis pas un « pipole ». Faut pas me confondre avec Steph de Monac’.

Et, pour avoir été déjà la cible de ragots virtuels sur un forum autrefois, j’espérais qu’un blog, ça mettait au moins à l’abri des radotages chez les autres. Puisqu’on pouvait commenter chez moi. Ben non.

 

Alors, vrai, ça donne la nausée. Et l’ envie de jeter l’éponge.

Je ne le ferai pas.

Parce que ce blog, au finish, c’est le troisième que M. me construit. Et que je me rappelle le merveilleux cadeau que ce fut quand il le fit apparaître sous mes yeux le 3 septembre d’il y a deux ans.

Je peux pas jeter ce cadeau-là, ce cadeau de l’homme que j’aime, de l’homme qui m’aime..

Et puis il y a l’autre, le vieux fantôme d’il y a trois ans, d’il y a deux ans, qui serait trop content si je fermais ma porte. Il était sacrément motivant pour l’écriture, ce censeur-là, pour finir. Si j’écris un jour autre chose qu’un blog, il ne faudra pas que je l’oublie dans ma dédicace.

 

Alors, le blog ne part pas à Venise. Il continue tout à l’heure. Gaiement.

 

Hier, à la réunion de rentrée, l’instit de mon fils a su qui j’étais parce que mon Petitou me ressemble comme deux gouttes d’eau.

Elle est pas belle la vie ?

 

La vie qui n’est pas le blog.