Berquet 2004 AURORAWEBLOG

                                           Photo : « Larme blanche » © Gilles Berquet - 2004 -

 

Pourquoi « Gilles Berquet, justement » ?

 

« Justement », parce que je le citais hier pour parler de la photographie qui peut transcender n’importe quelle thématique à condition qu’elle s’élève au rang d’art.

Et « justement » aussi parce qu’il est juste qu’il figure ici, artiste plongeant ses racines d’inspiration dans le BDSM.

 

Il n’ y a aucun site personnel de Gilles Berquet sur Internet mais, en passant par un moteur de recherche, vous glanerez quelques images de lui et vous reconnaîtrez très vite ce qui fut longtemps sa « marque de fabrique » : son fond jaune surchargé de sépia.

D’ailleurs vous connaissez tous Gilles Berquet, peut-être même sans le savoir : c’est lui qui a assuré la photo des scènes en flash-back sur le film de Jeunet « Un long dimanche de fiançailles » ( souvenez-vous, le jaune et le sépia…).

 

Gilles Berquet  est l’un de nos « très » contemporains. Il fêtera ses cinquante ans en 2006. Après un Diplôme aux Beaux Arts de Montpellier, il s’est tourné très jeune vers la photographie, élisant son domaine exclusif dans l’érotisme. Un érotisme très particulier qui va souvent chercher du côté littéraire pour s’exprimer : les Surréalistes et Bataille se lisent en filigrane dans son œuvre.

Son maître-photographe est Pierre Molinier. On le dit partout et c'est vrai. A la différence de celui-ci toutefois, Berquet n’a jamais joué de l’autoportrait : ses modèles sont des femmes, quelquefois même sa compagne, la flamboyante artiste Mirka Lugosi.

 

A ses débuts et même jusqu’à peu, on parla de lui comme d’un « fetish photographer ». Ils sont si nombreux aujourd’hui à revendiquer ce qualificatif qu’il est bien évident qu’il ne colle plus à Gilles Berquet qui est bien plus que cela.

Berquet a du talent. Et il a créé un univers. On n’a pas besoin de partager toutes les obsessions qui figurent dans cet univers ( je ne les partage pas toutes ) pour s’apercevoir qu’il a du talent ou pour l'aimer.

J’ai eu l’occasion de lire l’interview de l’une de ses modèles qui explique combien pour lui, la photographie n’a rien d’instantané. Tout est pensé « architecturalement », composé, posé.

Aller voir, chez lui, c’est aller lire.

 

J’ai choisi une photo, une seule. Pas jaune et sépia.

Celle-ci.

Parce que celui qui connaît les deux thématiques les plus récurrentes chez Berquet y trouvera une illustration de plus de celles-ci, métaphorique cette fois.

Et celui qui n’a jamais rien vu de ce photographe fera dire à cette image surréaliste exactement ce qu’il veut, pourra inventer sur elle exactement l’histoire qu’il voudra…

 

L’art érotique ( et l’art tout court, d’ailleurs ) en image, c’est ça.

 

 

 

 

 

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