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Je voulais profiter du cahier d’été de Libé de ce jour, intitulé « Les yeux en face des trous » pour vous inviter à aller absolument lire la remarquable nouvelle page du site avec disclaimer pour adultes de Le Squale.

En entrant chez lui, les personnes majeures la trouveront en cliquant sur les mises à jour et elle a, vous l’aurez deviné, pour titre « Le regard ».

C’est en quelque sorte là, une remise en question du fameux « Les yeux baissés, tu garderas » et la chose a tout son intérêt puisque ce regard enfin permis à la soumise est « vu » par les yeux d’un qui domine…

Le Squale a une autre fidèle lectrice : c’est Naybuleuse, puisqu’elle bloguait aujourd’hui ( 18/08 ) sur cette même mise à jour. Sourire pour tous ces fils qui s’entrecroisent, s’entremêlent…

 

Le regard et sa puissance : l’article de Libé ne les loupe pas, qui démarre en fanfare par une citation de Valéry  « Si le regard pouvait tuer ou engendrer, la rue serait pleine de cadavres et de femmes grosses. ». Et de continuer en évoquant tous les regards célèbres de la mythologie,  littérature, de la peinture et de la photographie.

C’est vrai que l’on « fusille du regard », c’est vrai que l’on aime « au premier regard ». Immense puissance de l’œil bien ouvert. Le véritable nom du blog de Lysp n’est-il pas « Les Yeux Sans Paupières » ? Et notre U-blogueur est bien un guetteur curieux et insatiable  des choses de la vie .

Notre fond de l’œil est aussi notre salle de projection toute personnelle. Tout ce qu’il voit, le regard l’interprète et lui donne du sens. Ce qui s’imprime dans nos pupilles parle, raconte. Je le sais pour être bien souvent inspirée par des images sur lesquelles d’autres écriraient d’autres textes.

 

En BDSM, le regard joue un rôle de première importance. Il faut savoir en jouer . Pas dans la cour des « commandements » et de ces « yeux baissés qui doivent être gardés ». Là, on ne peut que signaler le ridicule de la posture et son impossibilité si elle doit se prolonger, pas plus qu’y voir autre chose qu’une factice représentation ( et non réalité ) de l’humilité ou de la contrition qui seraient devoirs de soumise.

Jouer du regard c’est, quand les mots n’ont plus de place, parler avec les yeux . Supplier, défier : tout est alors possible.

On peut même jouer de l’absence du regard mais ce sera alors pour exacerber d’autres sensations ou expérimenter d’autres sens : pour cela il y a bandeaux et masques et même la décision toute personnelle de fermer les yeux.

Je navigue toujours entre les deux dans nos amours. Je joue à « Je Te vois – Je ne Te vois plus – Je vois tout – Je ne veux rien voir ».

 

Je m’a-bandeau-nne volontiers si Tu le veux dans les nuits sensorielles.

Ces cités. Cécité.

Mais je T’a-vois-ine aussi encore plus volontiers du coin de l’œil.

Iris. Here is…