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Il est une question que je me suis souvent posée sans jamais y trouver de réponse, puisqu’ils n’écrivent pas ou peu : « Et quand c’est elles qui s’en vont, c’est quoi le chagrin du dominateur ? »

 

C’est vrai que ce qu’on voit surtout, c’est le cas inverse.

Après quelques années de bons et loyaux services et de grande amour affichée, voici que tout à coup quelque pseudo sadien révoque sa Justine parce qu’il a rencontré une autre greluche plus à même de le satisfaire ou plus jeune ( mais oui, le démon de midi frappe là aussi ) ou alors parce qu’à force de jouer les triades ou les quatuors, la seconde est devenue la première et que la première se retrouve bannie.

Reste à celle-ci un chagrin énorme. En effet, le don de sa personne qui se fait dans notre type de relation a quelque chose de tout à fait spécial qui, à la fin, décuple la tristesse tant il est lié à des projections mentales particulières.

Je ne nie pas là, attention, la force du chagrin d’amour classique, je surligne seulement la notion de cassure dans le processus de la soumission qui entre là en compte, en plus.

 

Et eux donc ?

 

Oh ! Je ne parle pas ici de celles qui s’en vont au bout de trois rencontres ou de six contacts msn parce qu’elles ont flairé qu’elles avaient trouvé un Bidochon SM. Là, on s’en doute, le chagrin de Robert consistera à multiplier ses connexions et ses appâts.

Je ne parle pas non plus de celles qui s’en vont parce qu’elles ont découvert qu’elles faisaient partie d’un harem qu’elles ignoraient ( ça existe, la preuve, c’est le Big Bang qui m'est naguère arrivé ). Là encore, il n’y a pas de chagrin pour le sultan, la remplaçante étant déjà en liste ou en lice.

 

Je parle de celles qui un jour « pour une raison impérative ou pour 200.000 raisons confuses », comme le chante Jonasz, et sans même avoir rencontré qui que ce soit d’autre s’en vont.

Je me demande si le chagrin du dominateur (au-delà de son chagrin d’amour) est égal à celui de la soumise dans les mêmes conditions, s’il éprouve ce fort sentiment de n’avoir pas été à la hauteur. Lui qui, ne l’oublions pas, avait été élu, choisi.

 

Et je l’avoue, je ne sais pas.

Si j’ai lu des dizaines de textes de femmes racontant leur détresse dans cette épreuve, je n’en ai jamais trouvé un seul en provenance d’un homme.