John Willie

 

Si l’on parle aujourd’hui si facilement de l’art du bondage ici en Occident, nul doute que nous le devons en grande partie à John Willie et sa « Sweet Gwendoline ».

 

Né en 1902 à Singapour, John Willie (John Alexander Scott Coutts), sujet britannique, ne tarda pas après des études en Grande-Bretagne à partir vivre en Australie. C’est de là qu’il envoya ses premiers « comics » vers les Etats-Unis. Ceux-ci furent publiés dans la mythique revue « Bizarre » dont Willie devint le rédacteur de 1946 à 1959.

On date donc de cette époque la naissance de « Sweet Gwendoline ». C’est une très jolie héroïne d’une douceur, d’une ingénuité et d ‘une naïveté parfaite. C’est cette ingénuité qui est le trait caractéristique du personnage : quoi que Gwendoline fasse, elle tombe dans tous les pièges et se retrouve invariablement ligotée !!

La plupart du temps par de brunes créatures féminines, le seul homme apparaissant quelques rares fois étant le mystérieux Sir Dystic d’Arcy dont si l’on a vu quelques photos de John Willie il est aisé de comprendre qu’il en est la caricature.

Voir les planches de Gwendoline, c’est être certain que John Willie méritait bien son étiquette de « master of bondage » : les liens imaginés sont purs mais d’une surprenante sophistication, on s’aperçoit souvent qu’ils ne peuvent être dans la réalité que réalisés au moyen d’une seule corde de long métrage et ce sont aux dires des « amateurs » les plus difficiles à mettre en oeuvre.

John Willie avait de plus un soin tout particulier d’amoureux pour les tenues de son personnage : mignons corsets, ornements de coiffure.

 

Aujourd’hui ( John Willie est décédé en 1962 ), Gwendoline est « vintage ». Avec ce léger parfum de nostalgie que l’on a à se retourner vers une époque.

Publiée dans les années 70 en version française aux Editions des « Humanoïdes Associés », la blonde naïve est désormais quasiment introuvable sinon chez les bouquinistes ou par le Net chez Belier Press, mais en version originale.

C’est dommage...

D’autant plus que le cinéma ne l’a pas gâtée : elle a été la vedette d’un film homonyme de Just Jaeckin qui était très très loin de lui rendre justice.

Dans un genre un peu plus heureux mais avec une patte tout à fait personnelle qui l’éloigne indubitablement de ses origines, Gwendoline a inspiré des photos d’Erik Kroll.

Le seul hommage qu’eut sans doute réellement apprécié John Willie fut celui qu’Eric Stanton, autre très grande « pointure » de la BD SM, a consacré à la belle Gwen en sortant en 1966 un album nommé « Le retour de Gwendoline ».

 

Alors, en attendant avec espoir une réédition française du bon vieux « comic strip » de John Willie, je vous offre cette image, certes pas réellement « bondage » mais la seule que j’aie trouvée où Gwendoline ne soit pas la « proie des femmes ».

Et comme je ne suis pas « bi », mon choix s’explique puisqu’on se montre toujours, quelque part, à travers les images qu’on donne à voir aux autres.

Sourire.