Premier épisode ici.

 

 

Qu’il prenne à cette baudruche de Jean-Marie Le Pen, dans un de ces coups de menton dont il est familier - mais dont personne ne fait jamais remarquer qu’ils sont entièrement décalqués de ceux de Mussolini ( l’ensemble des hommes politiques n’étant jamais que de grands théâtreux, voir le Chirac solennel et maquillé en conséquence d’hier soir, l’indignation toute ressuscitée « made in 68 » de Dany peu après dans une autre émission ou, pourquoi pas, le sourire radieusement rajeuni bobo depuis quelques semaines de Laurent Fabius ) - l’envie, somme toute logique de sa part, de déclarer qu’IL est l’artisan d’une probable victoire du « non », qu’IL demandera au Président de la République de démissionner dès dimanche soir et qu’IL lui demandera de nommer Nicolas Sarkozy Premier Ministre et voilà déjà que (sans même noter la contradiction entre ces dernières assertions ) l’on s’empare de ses propos pour railler le « non » de gauche.

 

C’est faire peu de cas de l’électeur « noniste » et nier qu’il n’est  peut-être pas illettré et qu’il a pu après tout, comme les autres, lire et le TCE  et d’autres commentaires qui en ont été faits. L’électeur « noniste » a peut-être même lu les arguments du « oui ».

Il se pourrait même enfin que, animal doué de raison, il ait réfléchi et bien tout pesé avant d’arrêter son choix.

 

S’il devait y avoir une victoire du « non » dimanche soir, si elle était un tant soit peu en rapport avec la « situation particulière » française, ce serait avant tout selon moi une défaite du mépris.

Un mépris qui dure « de longue ». 

Et qui se renouvelle sans cesse sous des formes plus avancées.

 

La technologie par exemple.

 

La « blogeoisie » et les propos fielleux dont elle a inondé les partisans du « non » depuis des semaines n’y serait alors pas étrangère pour ceux d’entre nous qui avons la chance d’accéder à Internet.

 

PS : La question "Est-ce que cela ne te dérange pas de voter comme Le Pen?"- individu dont je me sens à des années-lumières - m'apparaît tout aussi incongrue que si je demandais, moi, aux gens "Est-ce que cela ne te dérange pas de voter une Constitution rédigée par un Giscard - individu dont ils se sentent à des années-lumières - dont Françoise Giroud relatait dans ses souvenirs qu'apprenant en Conseil des Ministres le niveau du SMIC, alors que celui-ci allait être relevé, il s'exclama "Mais c'est moins que ce que je donne en argent de poche à mes enfants! " ?"