Image Giovanni Di Napoli ( Yoji Muku )

 

Pour que l’art du shibari devienne connu par le dessin en Europe ( chez les initiés ), il aura fallu attendre le 20ème siècle et Yoji Muku.

Curieux destin que celui de cet homme, né à Osaka en 1928, représentant de commerce qui se passionne pour le shibari et le BDSM, écrit des historiettes qu’il illustre de ses magnifiques dessins et en vient même à être un temps propriétaire d’une petite revue de bandes dessinées où il publie ses illustrations sous le nom de Toyonaka Yumo.

 

C’est ce qui va l’amener à être édité en Europe et aux Etats-Unis. Il va publier pendant des années sous des pseudonymes différents selon les continents : Youji, Hunt et JBD (amusantes initiales qu’il entendait comme Japanese Bondage Drawings) en Amérique, Jito et…Giovanni Di Napoli en Europe.

 

Décédé en 2001, il reste très apprécié. On le comprend aisément à voir ses couleurs, l’expression des visages qu’il a tracés et la précision de ses scènes de shibari, si évocatrices.

A l’heure actuelle, c’est en Allemagne que les amateurs ont le plus de chance de se procurer ses albums. On a tort de croire qu’il n’est que l’auteur de séries de « dessins » alors que précisément ceux-ci sont le support visuel d’une narration ( des romans d’une qualité littéraire bien moindre que leurs illustrations ).

 

                      

 

S’il est vrai que les images de Yoji Muku sont splendides, les qualifier d’ « estampes japonaises » comme je l’ai lu récemment sur un site est une erreur.

L’estampe japonaise est un genre qui a ses règles et Yoji Muku ne s’est jamais placé dans l’optique de celles-ci.

 

Voici un lien qui vous donnera toutes les informations sur les techniques de l’estampe japonaise et l’évolution de celle-ci depuis l’époque Edo jusqu’à nos jours.

 

http://www.druckstelle.info/fr/holzschnitt_index.htm

 

Car il y a des artistes qui perpétuent l’art de l’estampe au Japon et le renouvellent. Ainsi Kawase Tasui ( 1883 - 1957 ) fut infiniment renommé pour les couleurs vives de ses paysages.

 

                                 

                                              Kawase Tasui

 

On se trompe souvent en assimilant « estampes japonaises » et scènes érotiques alors que celles-ci ne représentent qu’un très petit pourcentage des sujets traités dans les estampes.

 

Donc, si un véritable connaisseur du pays du Soleil Levant vous dit selon la formule traditionnelle « Viens chez moi, je te montrerai mes estampes japonaises ! », vous ne risquez pas grand chose…

 

 

PS décalé : Je salue l'arrivée sur U-blog d' un nouvel espace de dessins persos remarquable .

http://www.u-blog.net/unpied/