Takato Yamamoto in "Makeup of Darkness"

 

Au risque de me répéter, je ne me pose pas ici en spécialiste de la culture japonaise, pas plus artistique que littéraire. Je ne possède que quelques rudiments acquis par mes lectures ou mes recherches et cela a toujours été pour m’apercevoir que la barrière de la langue est une vraie barrière.

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La galerie d’art « Mondo Bizzarro » sise Via Reggio Emilia, 32 à Rome est réellement une scène du « monde bizarre ». Elle a ainsi accueilli ces deux dernières années des photographes français comme Dahmane ou Gilles Berquet que certains d’entre vous connaissent bien.

 

Elle présente du 4 mai au 9 juin 2005 ( c’est à dire en ce moment pour les chanceux qui ont un détour prévu par la capitale italienne ) une exposition de l’artiste contemporain japonais Takato Yamamoto, 27 encres sur papier ( dont les deux publiées ici ) regroupées sous le nom de « Makeup of Darkness ».

 

 

       

                      Takato Yamamoto in "Makeup of Darkness"

 

Takato Yamamoto est un illustrateur passionnant en ce sens qu’il allie tradition et modernité.

Tradition car son travail n’est jamais très loin dans sa réalisation technique de l’esprit de la très ancienne école du « ukiyo-e » qui mettait en valeur l’aspect réel ou imaginaire de la nature et que j’avais évoqué il y a quelques semaines au sujet de Hokusai.

Tradition dans sa facture aussi car il est proche de la peinture « nihonga », littéralement traduisible par « peinture japonaise », groupe de peintres qui s’opposa au début du siècle dernier à leurs confrères fascinés par la culture occidentale pour s’exprimer, eux, dans des oeuvres où les costumes, les situations ainsi que les couleurs traditionnels et propres à l’art japonais séculaire régnaient en maîtres.

 

Takato Yamamoto renouvelle cependant cela aujourd’hui en construisant son propre univers où sont étroitement mêlés les influences fantastiques et SM que l’on retrouve dans les deux images présentées et qui allient cauchemars et bondage. Eros et  Thanatos sont toujours présents chez lui l'un et l'autre. Il est en cela très proche du monde fantasmagorique d’un écrivain comme la flamboyante mais minimaliste Yoko Ogawa.

 

Vous l’aurez deviné : Takato Yamamoto est sans aucun doute pour les dix dernières années le coup de pinceau japonais que je préfère.…