Panthère, je remonte au gîte dans la semi-pénombre en faisant pattes de velours et le moins de bruit possible, essayant d’éviter ce que je crains le plus mais qui est tout le sel de l’instant : attirer l’attention de ceux qui sont là, derrière les portes.

Que diraient-ils à me voir ainsi ? « Mais n’te promène donc pas toute nue », comme dans la pièce de boulevard ou bien s’étonneraient-ils de voir le marbre de mes fesses arborer ces veinures pourpres qui font qu’il ne vient à coup sûr pas de Carrare ?

C’est une épreuve mentale plus que physique, même si « la pente est raide » comme dirait l’autre…

 

Un flirt avec ma peur . Parvenir à la dépasser. Même si je sais que rien de fâcheux ne peut arriver ( il n’y a pas d’enfants qui pourraient être témoins, tout au plus les présents - et il faudrait qu’ils soient sérieusement noctambules ou insomniaques vu l’heure qu’il est au cadran - me classeraient-ils définitivement dans la caste des « bizarres » ), j’ai pourtant la gorge sèche et l’estomac noué.

Je me fais alors plus féline encore pour me persuader d’avoir les pouvoirs d’une Catwoman, m’imaginer invisible et je m’en retourne finalement d’où je venais.

 

Sans encombre.