Jadis, au début de ce blog et puis ensuite encore en d’infinitésimales proportions, j’ai placé des photos intimes de moi ici. L’envie vient de me prendre d’en publier une série, les plus récentes.

Pour orner une fois mes textes, non par une illustration métaphorique mais par ce que je suis vraiment.

Ce que je suis vraiment ?

Oui mais avec une toute petite nuance. Je ne m’appelle pas « AURORA ». Je ne peux offrir mon prénom à mon blog. Pas plus que montrer mon visage entièrement. C’est le seul problème lorsque l’on écrit sur l’intime, qu’il y ait une dizaine de personnes qui ne doivent pas être atteintes par ce qui s’écrit là. Par respect pour eux. Parce que je suis dans leur vie autrement et que mon intime ne peut déborder sur celle-ci.

Ces « Aurorades », ce sont pour quelques soirs des images de nous ( nous puisque c’est si c’est moi que l’on voit dessus, c’est lui qui est derrière l’objectif ) photos sans prétention artistique, sans prétention exhibitionniste non plus. L’idée étant de ne pas montrer plus de moi que ce que l’on pourrait en voir en été sur une plage naturiste. Ne pas aller jusqu’ à l’indécent. Pas faire ici ma « galerie » comme on nomme cela sur les sites BDSM où certains s’efforcent d’en montrer toujours plus mais au contraire mes images les plus douces, volontairement choisies ainsi, celles que j’aime parce que s’en dégagent un peu de tous les ressentis que j’ai évoqués çà et là sur ce blog.

 

 

Il voulut sur moi  - pour le défi et le plaisir - un très beau script à la cire. Un moment où ma peau serait réellement palimpseste. Pour qu’il soit lisible et  régulier, il Lui fallut le faire de très prêt. Et non par des coulées hasardeuses mais dans un goutte à goutte où le moindre faux pas était interdit.

Plus la cire qui tombe le fait de haut, moins elle est douloureuse.

Là, c’était totalement impossible. Il fallait broder au plus proche. Même Lui s’est brûlé les doigts en l’appliquant.

Je ne savais pas ce qu’il écrivait. Je n’ai pas même bénéficié du change : mon prénom de tous les jours a exactement le même nombre de lettres qu’Aurora.

 

Moi, je voulais - pour le défi et le plaisir - une épreuve où je serai muette du début à la fin, ne rien dire, pas même souffler, ne pas laisser échapper un gémissement.

Je n’ai tenu que jusqu’à la quatrième lettre. Et j’ai bien regretté qu’il n’ait pas choisi « Alba », mon nom de soumise, qui m’eut permis de réussir ma gageure.

Ensuite, dès le début du tracé de la cinquième, le trop-plein de sensations tues a rendu certaines gouttes semblables à des décharges électriques tandis que d’autres demeuraient mentalement gérables par le silence. Montagnes russes. Instants où je me perdais toute entière dans ma douleur, d’autres où je la maîtrisais. Les uns comme les autres étant des moments d’offrande. Pour Lui, pour Lui seulement, je vivrai jamais ces choses-là…

Et Ses ongles marqués de cire noire tout à l’heure allaient me donner la mesure de notre échange.

 

Il voulut… Je voulais…

A la fin, je portais mon « nom de blog » sur le dos. Et je savais que si c’était ce mot là qu’il avait inscrit sur mon épiderme, c’est qu’il connaissait mon désir secret de faire ces « Aurorades » et que c’était un « beau geste » de plus…