Dessin Paula Meadows

 

J’aime les découvertes élémentaires. J’aime m’émerveiller soudainement de ce que nous avions ignoré au passage.

 

C’est moi qui T’ai tendu ce matin la brosse à cheveux. Elle n’avait jamais servi qu’à son usage courant. Pourtant, les images sont nombreuses où elle est détournée pour une fessée et les textes de ce style abondent où elle est évoquée.

Mais s’aimer BDSM ne signifie pas accomplir case après case le parcours du combattant avec ses haltes imposées, tout faire afin de pouvoir présenter un jour la célèbre « check-list » enfin entièrement remplie.

Alors, nous avons nos rites et nos préférences mais aussi les nouveaux territoires que nous décidons d’explorer après en avoir parlé, ainsi que ceux que Tu me fais traverser sans que je les aie jamais évoqués mais parce que Tu as pressenti que j’y trouverai un havre de plaisir.

 

Et puis parfois, c’est moi qui, d’un coup, suis saisie d’une illumination.

Instinctive alors, je me fais chafouine séductrice, ingénue tentatrice usant du mime et du sous entendu pour obtenir ce qui m’enflamme toutes affaires cessantes.

Ce n’est pas grand chose qu’une fessée à la brosse à cheveux, juste un classique du genre qui ne nous était jamais venu à l’idée. Pas de quoi en faire tout une histoire.

Mais ce qui compte là, c’est cette ivresse folle qui ne s’apaise pas, qui ne s’érode pas au fil des mois, des ans, et qui fait que j’ai toujours faim de nous. Que je suis lionne ou tigresse pour me tendre vers Toi.

Que je veux encore T’insuffler des possibilités, T’inspirer.

Que je veux sans cesse nous réinventer.

Ecrire ad libitum une autre page blanche avec amour.

 

J’ai quelque mal ce soir à tenir sur ce postérieur rougi et piqueté de notre aube dernière.

Mais quelle joie profonde d’avoir fourni moi-même une arme inattendue à Ta main…Et que Tu l’aies saisie en un moment tout à fait incongru.

 

Puis, l’orage sensuel une fois retombé et mon souffle haletant  - mais orgueilleux - doucement apaisé, elle est redevenue ce qu’elle avait toujours été.

Elle et son compère le peigne nous ont aidés à nous coiffer.