Katsushika Hokusai

 

Je voulais savoir si le shibari apparaissait, sous une forme érotique et artistique au Japon dans la période Edo.

Sachant que ce n’était pas le cas chez Utamaro dont l’érotisme est très « classique », je suis donc allée chercher du côté d’Hokusai que je connaissais moins.

 

Hokusai Katsushika ( 1760-1849 ) qui se donna lui-même le surnom de Gakyôjin (le fou de dessin) marqua son époque de ses estampes gravées sur bois clairement rattachées à ce que l’on nomme l’école du « Ukiyo-e », c’est à dire la représentation du monde flottant.

Si, à première vue, c’est bien du monde de l’eau qu’il s’agit ( sa "Vague au large de Kanagawa" est exposée au Musée Guimet à Paris ), le Ukiyo-e, pour lui comme pour d’autres artistes, était déjà à entendre en son temps comme une philosophie artistique, une allégorie de la nature fluctuante et provisoire de la vie terrestre. 

Mais Hokusai s’inspire aussi beaucoup, au-delà de la métaphore du Ukiyo-e, de la vie quotidienne de son temps, comme sur la gravure que j’ai choisie ( parce que j’en admire la finesse…et les chaussures !) « Dame à l’ombrelle sous un saule ».

 

Dans ses séries d’estampes érotiques ( shunga ), je cherche la trace de cordes, je voudrais trouver du shibari laissé à la postérité dès ces temps-là. Il n’y en a point.  

Le shibari dans sa fonction érotique n’apparaîtra en définitive « imagé » qu’au début du 20ème siècle.

Quand il veut être « transgressif », Hokusai pour ses « shunga » va chercher ailleurs, du côté de la mythologie marine. Vous pouvez cliquer ici pour voir son célèbre « Rêve de la femme d’un marin ».

Joli poulpe, non ? Il allait en inspirer d’autres et notamment dans le domaine cinématographique…

 

 

Les estampes de Hokusai furent importées en France à la fin du 19ème siècle et collectionnées par bien des artistes comme Gauguin par exemple qui y trouva des sources de création.

 

Comme on n’arrête pas le progrès, il existe un site où vous pouvez vous-mêmes composer votre « Hokusai-Manga » : c’est  que ça se passe !

J’ai essayé et voici ce que j’ai « fabriqué » à la va-vite (vous ferez mieux que moi, j’en suis certaine) :

 

            

           

 

 

Le Seigneur, entouré de ses femmes, dort dans un décor paisible en écoutant le bruit de l’eau au loin et la douce mélodie de musiciens qui jouent quasiment en sourdine tandis qu’un écrivain prend note de tout.

 

Parce qu’il faut bien, n’est-ce pas, toujours quelqu’un pour raconter les histoires ?