Photo Alexandre Dupouy

 

Sur une image de l’album « Scènes Libertines », photographies du grand Alexandre Dupouy , publié aux éditions Claudia Gehrke, acheté au cours de ce séjour parisien à la librairie La Musardine où il est disponible sur commande…

 

Saison de fruits vermeils. Pêches rondes, peau veloutée, doucement mûrie, tendrement chauffée, légèrement grenue.

 

Je n’ai jamais reçu de fessée allongée sur Tes genoux. Pas notre habitude.

Sans doute quelque vieux relent de scènes d’école et ce trucage qui me verrait en fausse petite fille vieillie nous en éloignent.

 

Tu me fesses toujours en pleine dignité : c’est moi qui tends mes globes, Tu ne me trousses point.

La fessée vient toujours à point chez nous, d’autres instants l’amènent, la préparent. Pour rien au monde, je ne me voudrais fessée à froid, j’y perdrais le sucré-salé, l’assaisonnement à cru de l’affaire pour n’en retenir qu’une cuisson au « barbe-cul » !

 

Si elle peut être en soi un unique délice pour certain(e)s amateurs de ce geste seul, pour nous, elle est un morceau de choix dans un menu, un intermezzo dans un concert, un instant attendu et espéré.

 

Je T’imagines alors des mains comme des battoirs, m’envahissant si largement, au centre, par dessus, par dessous, sur les côtés. A en perdre mon centre de gravité. Et ça claque, ça crépite, ça retentit. Dans ce déluge de bruit, comment fais-je pour ne pas être déjà en pièces ? Pourquoi ne suis je que chaude, et rouge, et de plus en plus chaude et de plus en plus rouge ?

 

Mon cœur bat adoptant Ton rythme, j’aime cette tension, j’aime cette chanson.

 

La fessée est parfois pour nous le commencement, elle peut aussi être la fin.

Dans le premier cas, elle est rite préparatoire avant ce qui ne sera plus seulement Tes mains, dans le second, elle est comme une ondée bienfaisante qui vient remettre en place les désordres d’un orage bien plus violent.

 

J’ondule à la fessée, j'en ronronne.

Elle n’est que plaisir pour moi, montée de plaisir jusqu’au point d’orgue.

Le retenir le plus longtemps possible puisqu’il interrompra fatalement le tempo cadencé de cet univers d’ouate où Tu as bien voulu m’entraîner…

A moins que ne me reprenne immédiatement un autre de ces rêves cotonneux qui me rendra pêche de mai encore plus rouge, encore plus chaude, encore plus douce…