Photo "Nuits de Satin"

                           (voir u.r.l.à la fin du post)

 

Si je ne devais garder qu’une pièce de mon vestiaire ténébreux, ce serait sans aucun doute mon corset.

Le corset n’est pourtant pas en soi l’apanage du BDSM. Que nous l’ayons « récupéré » à notre manière n’a simplement rien d’ étonnant. C’est une pièce de lingerie incomparable en ce qu’elle a de contraignant. Que quelques-unes parmi nous la remettent en ce moment au goût du jour dans « nos rangs » sous des formes variées et en matériaux plus modernes et plus « explicites » pour nous comme le vinyle ou le cuir  est donc pure logique. Le corset qui comprime et coupe le souffle est par excellence le dessous luxueux que portent aujourd’hui comme un vêtement de dessus très sophistiqué celles d’entre nous qui aiment, par exemple, les cordes et les liens et qui ont le goût de l’entrave.

 

Même si pour rien au monde je n’y renoncerais, je ne porte pas le corset au quotidien, il cause tout de même un sérieux empêchement à certains gestes et nous n’avons plus le mode de vie d’antan.

 

Pour tout connaître de l’histoire du vrai corset, comprendre comment et pourquoi on pouvait vivre avec et en admirer quelques unes des pièces les plus prestigieuses, il suffit de se  rendre un samedi, dimanche ou lundi au Marché Dauphine dans la coursive en haut et de chercher l’emplacement de la boutique « Nuits de Satin ». Vous pénètrerez dans un royaume tout à fait particulier : une débauche de soie, de mousselines, linons, broderies, dentelles, paillettes, soutenus et maintenus par de spectaculaires baleines, lacets et crochets et découvrirez ce qu’était un corset et son évolution du 19ème siècle à nos jours. Vous y apprendrez que ce fut la guerre de 14-18 qui, amenant les femmes à travailler en place des hommes, commença à mettre à mal son règne qui paraissait pourtant sans fin…

Moi, là, j'en ai pris plein mes mirettes pour les décades à venir dans l'attente d'y retourner!

 

Le corset met en scène spectaculairement rondeurs de seins et courbes de hanches en affinant la taille : à certaines époques, on le porte si serré qu’il a pour but de modifier les mensurations même et donc de changer l’aspect de la silhouette. Le corset sculpte (comme un bondage).

Délicat à nettoyer, c’est un « dessous du dessus » que l’on endosse au 19ème et au début du 20ème   sur au moins une chemise de corps. De plus le corset est quasiment impossible à mettre toute seule : il nécessite une camériste (ou aujourd’hui un compagnon très amateur lui aussi de laçages difficiles…et c'est encore un geste d'amour...)

 

Chez « Nuits de satin », il est possible d’acquérir une très belle pièce ancienne demandant très peu d’ajustement ou de retouches pour une moyenne d’environ 250-300 euros, ce qui est en dessous du prix actuel d’un corset "made in 2005" qui sera par ailleurs beaucoup moins beau.

 

Pour en savoir plus, il est à noter que cet antre de rêves tenu par des passionnés est à l’origine d’une exposition itinérante parmi les plus exceptionnelles que l’on ait pu voir : « Dessous et corsets - 1820-1970 – Cent cinquante ans de lingerie ». Cette année, ce sont les gens du Midi de la France qui pourront s’en régaler puisqu’elle aura lieu en juillet à Sainte-Maxime.

 

Et si vous ne pouvez vous rendre ni au Marché Dauphine, ni sur la Côte d’Azur, ne vous en faites pas, il vous reste la possibilité de visiter le monde du corset dans une caverne d’Ali Baba virtuelle sur :

http://www.nuitsdesatin.com

site fabuleux d’où provient la photo ci-dessus, un corset de satin de coton rose datant de 1900.

 

Je vous souhaite une belle et douce nuit peuplée de rêves, sinon corsés, du moins corsetés…