Image Sakurako Zyabara

 

Ceci est un conte en quatre parties : il est porté, comme un envoûtement, par ces images de Sakukaro Zyabara, gentiment offertes par un lecteur,  qui m’ont totalement fascinées.

Je ne ferai donc l’injure à personne de préciser que je ne suis pas le « Je » qui se dit ici…

 

LE DIT DE NATSUMI ( CONTE 2 )

Un jour advint où le Si Haut jugea que j’étais devenue par trop orgueilleuse, et de sa présence physique à mes côtés et de ma toison de jais.

Il recouvrit mes cheveux de quelque potion faite d’onguents qui les graissèrent à l’extrême et lui permirent de les recueillir à l’arrière de mon crane, en un volume qui ne représentait plus rien, j’étais comme une femme chauve et de surcroît, il les coiffa d’une mince parure de paille nattée qui avait l’apparence d’un bonnet de diablesse avec deux petites cornes.

Se moquant de mes lamentations passées concernant le froid, il m’enferma les pieds dans une sorte de chaussure unique et géante dont il resserra les lacets jusqu’à ce que j’en sois la prisonnière totalement immobilisée, d’autant plus raidie qu’il m’avait attachée par les bras aux poutres d’une salle et qu’il avait entravé mon corps de liens de chanvre. Seuls mes seins et mon ventre demeuraient libres.

Quant à lui, il s’était totalement abstrait à ma vue et s’était réduit à ses deux seules mains, mais devenues énormes aussi bien pour être douces que sévères envers ces parties de moi, ô combien les plus intimes, qu’il avait décidé de garder à sa disposition.

Ainsi, pendant un temps, je n’existais que par les paumes, les doigts du Si Haut et parce qu’il voulut bien en faire sur la rondeur de ma poitrine, le triangle de mon sexe et les globes de mes fesses.

Il s’assurait ainsi qu’après mon obéissance à sa loi de ténèbres , où j’avais toujours été forte de sa présence et peu sollicitée quant à l’usage de mon intimité, j’étais capable d’endurer aussi un plaisir ou une douleur fantomatiques, subies en son nom sans le voir et dans la contrainte la plus complète qui faisait de mes membres une peine permanente.

C’était, me dit-il un jour, la meilleure preuve que je pouvais donner d’être bien conforme à celle qui l’avait si souvent appelé en ses rêves, la preuve de mes possibilités d’être aussi dans la réalité l’Amoureuse Absolue du Si Haut et son Amante aimée.

 

(A SUIVRE )