Avec pas mal de retard, je réponds au questionnaire « Livres » de Samantdi.

A deux exceptions près ( une à la question 7 et la question subsidiaire sur Sade ) , je ne veux pas parler d’ouvrages ayant trait à mon blogothème…Cela n’aurait aucun intérêt.

1.      Combien lisez-vous de livres par an?

En fait, je lis un livre et demi par semaine (sourire pour le demi). Avant de tenir le blog, j’en lisais jusqu’à trois. Cela mérite donc réflexion sur le temps que peut exiger la tenue d’un weblog et sur quoi on le prend!

2.Quels sont les derniers livres que vous ayez achetés ?

 « Un silence brûlant » de Kate Jennings, superbe livre sur la solitude à deux dans un couple lisse et parfait ; « Amours en marge » de Yoko Ogawa ou un voyage surréaliste ( comme toujours chez cet auteur) dans le monde d’une femme qui devient brutalement malentendante et « Une vie merveilleuse » de Laurie Colwin parce que son style pétillait comme du mousseux et qu’elle va me manquer lorsque tout ce qu’elle a laissé à titre posthume aura été publié.

     3. Quel est le dernier livre que l'on vous a offert ?

« Le traité d’athéologie » de Michel Onfray m’a été offert ce soir même par mon père qui s’ agaçait de ne pas voir revenir assez vite son propre exemplaire qu’il m’avait prêté.

     4. Quel est le livre que vous regrettez d'avoir prêté ?

Tous : on ne m’a jamais rendu un seul des livres que j’ai pu prêter !

     5. De quel livre vous êtes-vous débarrassé récemment?

Aucun, je ne jette jamais un livre. L’an passé, mes parents, pour faire de la place dans leur garage, ont donné à Emmaüs les cartons qui contenaient les livres de ma chambre de jeune fille qui n’existe plus dans leur actuelle maison. Cela a été un drame terrible pour moi, comme si l’on m’arrachait une partie de ma vie.

    6. Un livre a-t-il changé quelque chose dans votre vie? Racontez...

Je ne sais pas si ces livres ont « changé ma vie ». En tout cas, ils m’ont « fondée », ce qui revient sans doute au même.

Je l’ai souvent écrit : « La motocyclette » de Pieyre de Mandiargues à 14 ans m’a fait avoir l’intuition de ma nature de soumise.

La lecture de « Capitale de la douleur » d’Eluard (première œuvre d’un poète lue in extenso) l’année précédente à 13 ans m’avait amenée à la poésie que j’ai alors commencé à explorer et qui ne m’a plus quittée depuis.

« Six personnages en quête d’auteur » de Pirandello m’ont révélé le théâtre, le vrai (qui est derrière le théâtre), celui de la vie.

« La force des choses » de Simone de Beauvoir, texte intemporel sur la femme m’ a ôté beaucoup d’illusions.

« 1984 » de George Orwell m’a donné mes convictions sur le totalitarisme et les réactions humaines face à celui-ci qui m’ont permis de comprendre mieux le 20ème siècle.

« Le mythe de Sisyphe » de Camus demeure ma référence en matière de philosophie ( je suis décidément une femme du 20ème siècle…).

Enfin , bien qu’il ne s’agisse pas d’un livre, tous les textes de Léo Ferré avec lesquels je vis au quotidien en symbiose.

"Qui a jamais lu un roman de Sade en entier? (question subsidiaire 7), dans les romans de Sade, sautez-vous plutôt les passages de dissertation ou les passages pornographiques?

J’ai toujours lu Sade en entier. Dès seize ans. Je le considère comme un auteur majeur.

Il n’est en revanche pour rien dans l’orientation de ma sexualité. En effet, bien qu’appartenant à une « paroisse » qui, dit-on, s’en réclame et où , peut-être, certains considèrent sa lecture comme un instrument masturbatoire, moi, je ne le vois pas comme un auteur pornographique pas plus que je ne parlerais de passages de dissertation dans son œuvre.

Je parlerais de philosophie libertaire et libertine. Quant aux passages crus, ils dépassent de loin la pornographie dans leur exagération fulgurante et stupéfiante pour rejoindre quasiment le domaine cathartique du conte (ex : l’ogre qui dévore les frères du Petit Poucet), le trop plein d’horreur évacuant pour finir l’horreur en soi.

 

La véritable horreur et la vraie pornographie ne sont donc pas chez Sade selon moi mais chaque jour, dans nos journaux.