Au mois de janvier, répondant ICI à une note de Cossaw « L’art peut-il être censuré ? », je faisais allusion à l’affaire qui opposa la photographe Bettina Rheims à un abbé bordelais intransigeant lors de la sortie de son album de photos « INRI » qui avait en couverture un  étonnant Christ féminin.

 

On aurait pu croire que quelques années après…Mais non !

Voici qu’en ouvrant mon « Libé » de ce jour dans le bus qui me ramène chez moi, je découvre avec stupeur que le Tribunal de Grande Instance de Paris a, à la demande de l’association « Croyances et libertés », émanation des Evêques de France (association qui était déjà à l’origine de l’action contre l’affiche du film de Costa-Gavras « Amen »), interdit la campagne de publicité de la maison de mode Marithé et François Girbaud.

 

Campagne consistant en une affiche qui, sur la base de « La Cène » de Léonard de Vinci, représentait des jeunes dames et un homme de dos, portant les vêtements de la collection de printemps de ladite marque, la place centrale du Christ étant donc occupée par une femme et le seul homme du « tableau » s’étant vu octroyé ce qui, chez Da Vinci, est « le poste » de Marie-Madeleine.

Aux pieds des "acteurs" figurent, selon la chronique d’Ivan Levaï ce matin à  08 h 30 sur France-Musique, deux quotidiens entremêlés, l’un israélien, l’autre palestinien.

 

Selon le tribunal et je cite Libé, cette exploitation mercantile de « la scène » de « La Cène »  est « un acte d’intrusion agressive et gratuite dans le tréfonds des croyances intimes » et une « injure faite aux catholiques ».

 

N’étant pas catholique mais athée…

Et puis, comme je crois savoir qu’on ne commente pas une décision de justice...

Sous peine de …, je ne vous scanne donc même pas l’image parce que vous la connaissez sans doute déjà tous mais aussi parce que je ne veux pas, tels les « coupables » et l’afficheur Decaux (qui ont trois jours pour la retirer) risquer « une astreinte de 100 000 euros par jour de retard ».

Je n’en ai pas les moyens.

Mais je vous renvoie à la page de Libé où l’on peut trouver la photo en question, juste par souci d’informer ceux qui y auraient échappé.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=281666

 

 

A part ça, il reste de ma liberté individuelle de recommander encore une fois, la « saine » … lecture innovante, revivifiante du « Traité d’Athéologie » de Michel Onfray aux éditions Grasset, dont j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais LA.

 

Pouvant aussi m’exprimer à titre personnel sur cette photo, je vous dirai que le seul choc que j’avais, moi, reçu devant cette image avait été de prendre conscience des quatre kilos de rembourrage post-Noël qui auraient bien mérité une extrême-(p)onction (genre diète protéinée) si je voulais les perdre pour être dans la tendance mode ce printemps.