Photo Laurent Senoussi

                          CD "Fantaisie militaire" - Barclay

 

Si on laisse définitivement de côté le Grand Ferré (pour moi, c’est un poète) et Gainsbourg l’Inclassable, il y a des « chanteurs » que j’aime et dont j’achète systématiquement tout ce qu’ils sortent, en convenant toutefois que ce qu’il serait tentant d’appeler leur « style » est en fait une ligne qui ne se renouvelle pas vraiment.  Qu’est-ce qui ressemble plus à un album de Jonasz qu’un autre album de Jonasz ?

Et la même chose pour Cabrel, Souchon, Higelin et même Renaud…

Ou encore Miossec, plus récemment.

 

Bashung, c’est différent. De « Roulette russe » à « L’imprudence », il y a bien un fil conducteur, celui des mots aux sonores entrechocs, mais à chaque nouvel opus, c’est toujours la surprise d’une évolution.

Si je suis peu les Césars, Victoires ou autres, j’ai cependant accueilli avec un certain plaisir son succès d’hier.

Bashung, oui et « Fantaisie militaire », oui aussi pour l’album de ces vingt dernières années.

Ne serait-ce que pour ce texte, un parmi les autres, écrit en collaboration avec Jean Fauque :

 

Aucun express

 

Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Sinon toi

Aucun trolley ne me tiendra
Si haut perché
Aucun vapeur ne me fera fondre
Des escalators au chariot ailé
J'ai tout essayé
J'ai tout essayé

J'ai longé ton corps
Epousé ses méandres
Je me suis emporté
Transporté
Par delà les abysses
Par dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J'ai pris la contre-allée
Je me suis emporté
Transporté

Aucun landau ne me laissera
Bouche bée
Aucun Walhalla ne vaut le détour
Aucun astronef ne s'y attarde
Aucun navire n'y va
Sinon toi

Aucun express ne m'emmènera vers
la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Aucun…