Photo Dominique Lefort

 

Sacré milieu ! Il suffit d’en parler pour déchaîner une cataracte de réactions. Je reviendrai tantôt sur celle de l’anonyme « Jeroboam » que tout le monde a pu lire ici.

 

Mais pour commencer, je dirai aussi que ce texte m’a valu une vieille volée de bois vert (habilement enrobée) de l’une des « annexes » de l’endroit que j’appelle l’enclave. Ceci me laisse de marbre, de part sa périodicité mensuelle…Mais l’angle d’attaque choisi (une allusion à l’url d’un site de maître qui aurait été donnée sur « des » weblogs et c’est en effet ce que j’ai fait sur ma note d’il y a 48 heures) est vraiment de très mauvaise guerre puisque le développement qui s’ensuivait raillait « ces sites de maîtres » où des gens ont la vanité d’oser donner des conseils « techniques » sur les pratiques.

Je répondrai donc comme toujours indirectement puisqu’il est évident « comme d’hab » que ce n’est pas de moi dont on parlait…

 

Il convient avant tout de dire que les mails que je reçois me les demandent, ces conseils, et qu’incapable de les donner par moi-même, je suis allée les chercher chez quelqu’un que je savais en mesure de le faire et dont je venais de découvrir qu’il avait désormais sa propre page. Son site me plaît pour diverses raisons, sa gratuité tout d’abord mais surtout sa modestie : ce n’est pas un lieu où le webmaster cherche à se faire valoir.

Ce site est varié par ailleurs. Il faut apprendre à le visiter et à en faire toutes les entrées par les deux menus : celui d’en haut et celui de la colonne de gauche qui sont interactifs.

 

En outre, je dirai à « l’annexe » que se moquer des conseils de base lorsqu’on est un adepte confirmé, c’est très facile.

Se tenir les côtes parce qu’il est des endroits où l’on explique comment faire les nœuds d’un shibari, c’est beaucoup moins malin : c’est oublier un peu vite qu’il y a trois ans de cela un bondage a mal fini quelque part dans le Nord de la France et que, crime passionnel ou maladresse (même si le Tribunal n’a pas tranché) l’auteur de cette œuvre de corde ratée est aujourd’hui sous les verrous.

Ne pas vouloir reconnaître que nous avons parfois des jeux dangereux, que par exemple certaines parties du corps n’ont pas à être fouettées et qu’il convient de savoir lesquelles, se vouloir jusqu’au boutiste de la Pratique avec majuscule, si c’est par vocation personnelle, je dis « très bien », chacun étant libre de faire ce qu’il veut avec son partenaire consentant mais si c’est prétendre que personne n’a besoin de conseils, alors c’est de l’inconscience pure.

Et si c’était seulement  pour faire un « bon mot » (?) concernant mon blog et bien il fallait tout simplement venir le faire ici sur la note correspondante et si possible alors avec de vrais arguments. Reste à savoir comment ceux-ci auraient été perçus par les lecteurs qui y passent.

 

Je précise une dernière chose : la page web que je conseille contient dans une de ses sections toutes les « règles » sur lesquelles je m’assois allègrement tandis que son auteur semble, lui, y tenir mais lorsque j’ai à porter un jugement de valeur sur un site ou autre, je le regarde dans son ensemble et pas seulement par le plus petit des bouts de ma lorgnette. Aussi, je persiste et je signe : je suis très heureuse d’avoir pu faire découvrir cet endroit à quelques personnes.

 

Encore une fois, je ne prétends détenir aucune vérité et je ne parle ici que de moi.

Je pense y être sincère et authentique, puisque je n’hésite pas à évoquer mes propres carences comme je le faisais dans mon texte d’avant-hier « BDSM pain ».

On peut donc passer son chemin si mon propos déplaît. : c’est ce qu’aurait du faire Jeroboam-non-blogueur et pas non plus commentateur d’autres blogs ici : j’ai vérifié qu’aucun commentaire ayant son style (d’écriture) ne soit apparu sur d’autres U-blogs vers la même heure, avant et après mon post.

Jeroboam était donc bien venu me rendre visite. Par ailleurs, il connaît trop de choses et a trop d’idées arrêtées pour n’avoir aucune accointance avec le BDSM.

Alors quoi ? Et bien Jeroboam et moi ne sommes pas d’accord. Même s’il n’a pas beaucoup développé, c’est évident.

 

A ce stade il me faut lui répondre sur ce que je considère être « une soumise à tête haute ».

Lui-même dans son premier commentaire écrit que « par essence un soumis aime être soumis ».

Il a raison. C’est bien le cas. Ce qui ne veut pas dire que toute soumise désire « par essence » être un paillasson. Tout dépend de la définition que Jeroboam donne du mot soumis et de celle que j’en donne, moi.

Certain(e)s aimeront marcher à quatre pattes, se nourrir dans une gamelle et ce sera pour eux un « passage obligé » de leur voie vers le plaisir .

D’autres seront tout à fait différents. Il pourra leur arriver de faire les mêmes choses mais seulement lorsque leur feeling (j’entends celui de leur couple) sera à cela.

Je connais très peu le monde des hommes soumis aussi ne m’arrogerai-je pas le droit de parler en leur nom mais je me souviens d’avoir évoqué ici il y a longtemps le magnétisme, le rayonnement qui émane la plupart du temps des soumises .

Que cela plaise ou non à certains, il y a une fierté à être soumise.

Je dirai même que parfois cette fierté est un orgueil. L’orgueil d’appartenir à quelqu’un corps et âme. Ce « quelqu’un » est important puisque je ne conçois pas l’érotisme SM sans couple fixe et sans amour dans ce couple.

Voilà la seule raison de cet orgueil que je revendique pour moi et qui me fait marcher la tête haute : je vis dans l’unicité mon amoureuse soumission.

 

L’une des fameuses règles, qui arrive dans les dernières, après qu’ait été défini l’ensemble des autres diktats propres à la soumise et à son Maître est « Et avec tous les autres Maîtres ou Maîtresses tu seras ainsi ».

Il va de soi que je la réfute complètement. Pour moi, un autre maître que mon Guide, une autre maîtresse, ne sont qu’un homme et une femme. Je ne leur dois strictement rien et surtout pas la moindre formelle déférence : ils me sont tout à fait étrangers (et c’est là aussi que je rejette le « milieu »).

Devant eux, je garde la tête haute.

 

Ce n’est pas pour autant que, pour reprendre les mots de Jeroboam, je me crois sortie de la cuisse de Jupiter, porte-parole de la nouvelle élite intello SM ou que je manifeste un complexe de supériorité.

C’est si simple à dire : ce n’est pas de supériorité qu’il s’agit mais de non-infériorité.

Je ne baisse pas les yeux, je ne rampe pas devant ceux qui ne me sont rien.

 

Je ne pense pas avoir tout à fait tort.

Je vais raconter ici la dernière soirée publique que j’aie vécue.

Nous nous sommes rendus pour une fête dans un lieu fort côté en province. Contrairement aux habitudes que j’ai acquises dans la capitale où c’est plutôt le régnant désert mais où l’on est au calme, il y avait foule à ce rendez-vous.

Tellement que c’en devenait une véritable foire.

Certaines soumises venues seules se faisaient fouetter par tel Maître, tandis que la soumise de celui-ci se faisait attacher par tel autre. Puis de nouveaux larrons apparaissaient et les changements de cavalière s’effectuaient. Une soumise offrait ses fesses à la cravache de son maître : en moins de deux minutes, apparaissaient un autre maître et une autre maîtresse qui venaient participer. Et tout à coup, c’étaient quatre postérieurs bien frais qui arrivaient à la rescousse en courant quasiment pour se placer en ligne. Trouver un coin pour « jouer en paix » relevait du trekking ce soir-là.

 

Variations nouvelles.

Il y avait un buffet servi sur de longs tréteaux. Pas moyen de manger tranquille : deux couples ont, de l’apéro au dessert, ébranlé la table de leurs ébats sexuels qui, s’ils n’avaient point été vêtus de cuir ou de vinyle, n’auraient vraiment rien eu de SM.

Pendant ce temps, quelques dominas, sans qu’on leur ait demandé quoi que ce soit, « faisaient les tables » et tendaient leurs talons à lécher à l’un, en fessaient une autre, la détournant pour un instant de son plat de résistance.

Je dirai d’ailleurs que pour une fois, si j’ai trouvé les maîtres tout à fait corrects, les dommes me sont apparues d’une arrogance, d’un m’as-tu-vu plus que caricatural.

Dans ce genre d’endroit, où il semble d’emblée admis que tous les maîtres sont d’accord pour que ces jeux se passent ainsi, il vaut mieux justement être une soumise à la tête haute. Cela permet d’établir la nécessaire distance pour que le prédateur (la prédatrice) comprenne tout(e) seul(e) qu’il(elle) va essuyer un net rejet et donc qu’il(elle) ne s’aventure pas.

J’estime en effet que ce n’est pas à M. de me « refuser » à quelqu’un : c’est à moi de « donner à voir » quelle sorte de soumise je suis, une soumise privée c’est à dire non-publique.

 

Je ne suis donc pas, Jeroboam, « au-dessus de la masse SM ». Si tant est qu’elle existe, (j’essayais hier de démontrer que le milieu changeait) alors je suis à côté. Et je ne pense pas être la seule.