Photo Man Ray

 

Il y a quelque chose de définitivement surréaliste dans le BDSM, au sens où ceux qui firent partie de cette fulgurance artistique l’entendaient…Ces écritures automatiques leur rendent hommage…

 

«… Traverse nous brûlant,

Aquilin breuvage de liberté »

Le marteau sans maître - René Char - 1934

 

 

 

Un jour un déséquilibre est passé dans mon monde, le fendant en deux parts. Jamais plus l’immobile ni le tout à prendre. Mais le tout à laisser derrière soi comme un tout à l’égout.  Avancer. Aller vers. Transcender ce passage. Que de lignes, de livres, que de pages effeuillées. Comprendre était de trop. Vivre.

Ma tête et mon corps séparés se retrouvent enfin. Je suis la nuit barrée. Et l’horloge arrêtée.

J’ai trop et trop longtemps  tenu sagement sur mes genoux le sac des autres au bal languissant des dimanches où la musique raidissait mes jambes de n’être pas la mienne. C’est à ne même plus être certaine d’avoir pied quelque part.

Me voici alliée, liée, arrimée. Me voici poupée étonnée, un rêve de jouet, de pantin désarticulé.

Je n’ai pourtant jamais aussi bien marché. Je sais où je vais.

 

Tout ceci ne me dispensera pas des hostiles. Ils demeurent. Mais leur gamme chromatique s’abstrait peu à peu du paysage. De là à s’abstenir…

Ces portes que l’on passe sans intentions mesquines, apportant une rose à l’attention des sourds qui ne nous reconnaissent plus. Ces mains toujours tendues dans une mendicité écoeurante. En finir. C’est cela grandir. Ne plus tolérer de n’être pas respectée, de ne pas exister ou de n’exister que comme… A leur guise, c’est à dire déguisée.

Ils mangent les yeux dans leurs assiettes, ils croient mépriser, ils se méprennent. On leur avait appris de garder toujours une place à leur table pour le pauvre de passage, ils l’ont oublié. Ils ferment leurs huis, ils ferment leurs ouies, ils sont ainsi.

 

Ne plus attendre d’eux, c’est attendre de soi, c’est apprendre de Toi, c’est un nouvel équilibre à tenter, suspendue à un fil au-dessus des rochers.