E COMME EVANESCENTE ...

Evanescente, c’est moi.

Ou plutôt, c’était moi.

 

Ce n’est plus moi et il ne saurait y avoir de vain regret de ma part.

Evanescente, c’est moi, l’oiseau des origines. Rester, demeurer, ne pas changer, ce serait mourir.

 

C’est Pasolini qui écrivait :

 « Il n’y a qu’aimer, que connaître, qui compte…

C’est angoissant de vivre d’un amour consumé.

L’âme ne grandit plus… »

 

Evanescente fut mon pseudo d’écriture « ailleurs ».

Qu’est-ce qu’écrire ?

Un jour, quelqu’un répondit ainsi à cela : « L’écriture est un antalgique, pas une thérapie ».

 

Ecrire, c’est toujours apaiser une angoisse morale : qui suis-je ?

Chercher à résoudre cette équation en la mettant en mots, en des mots qui font sens permet de moins avoir cette constriction dans le plexus. Cette angoisse de l’être. Et d’ailleurs, que faisons-nous d’autre ici, tous, sur nos blogs ?

 

Evanescente, ce fut ma chrysalide… Le pseudo lui même évoquait l’éphémère, celle qui ne faisait que passer. J’avais choisi ce nom en toute conscience. Pour prendre conscience.

 

Evanescente fit un beau voyage. De ceux que précisément, en littérature, on nomme des parcours initiatiques.

Le roman d’initiation est un genre littéraire.

L’histoire d’Evanescente est une histoire virtuelle d’écriture.

 

Elle eut sa fonction dans ma vie et sans doute l’a –t-elle parfaitement accomplie puisque je puis aujourd’hui presque  me passer d’elle.

Evanescente était une recherche. Non pas celle du temps perdu mais bien au contraire celle des temps à venir.

 

Je la regarde parfois. Il me suffit de lire un quelconque texte de moi datant d’il y a deux ans pour voir Evanescente. La revoir. Avec un plaisir narcissique. Comme celui de contempler une ébauche.

 

Evanescente, c’était moi en questions. Cherchant à y répondre par elle-même et par les mots qu’elle plaçait à la suite d’autres personnes sur des forums. Elle était les mots des maux, ceux du BDSM bien sûr, mais de tous les autres maux aussi ...

 

Elle était d’une douceur extrême. Je ne souhaite pas recopier ici le profil qu’elle « renseigna » autre part.

Parce qu’ à la fin, celui-ci n’était plus entièrement vrai. J’avais rencontré M, certes, mais j’avais aussi connu la horde des loups et le tout dernier texte d’Evanescente ne parlait plus d’amour…

 

Aujourd’hui, que reste-t-il d’elle en moi ?

Toutes mes paroles d’amour. Qui sont celles qu’elle ne pouvait prononcer dans sa vie d’alors et qu’elle écrivait sur un clavier. Moi, je peux les dire à voix haute.

 

Mes mots d’aujourd’hui sont le témoignage de sa métamorphose. Mais j’aime la relire puisque la relire, c’est me revoir, me retrouver.

 

Et mesurer l’étendue du chemin parcouru. Tout en me sentant jumelle de celle-là qui s’évapora par un jour de tempête,  en octobre, il y a un an….