Photo GingerbreadxCoffin

 

Lorsque je l’ai vue, cette photo a évoqué pour moi un vécu personnel. En même temps, une intro à la batterie m’est revenue de très loin.

On a les repères qu’on a. Ce sont bien souvent ceux de sa génération ou de la génération précédente. Rarement ceux de la suivante.

‘Fin, tout ça pour expliquer aux plus jeunes que si ce post porte ce titre, c’est en référence à « Amazing journey » (lyrics Pete Townshend), une chanson du groupe « The Who » dans le disque « Tommy »,  datant de 1969. C’est l’un des tout premiers opéras-rock qui narre le monde d’un adolescent aveugle et sourd muet, champion de flipper.

 

Je me suis donc servie pour mon texte de la première phrase de cette chanson :

 

«  Deaf, dumb and blind boy, he’s in a quiet vibration land »

 

 et de la fin aussi :

 

« His eyes are the eyes that

Transmit all they know

Sparkle warm crystalline glances to show

That he is your leader

And he is your guide

On the amazing journey

Together you’ll ride. »

 

J’ai intégré à mon texte la traduction de ces paroles (certifiée par Google, mais qui n’en indiquait pas l’auteur) : elles apparaissent en marron et entre parenthèses. Mon texte étant  dans son ensemble au féminin , j’ai donc transformé quelque peu cette traduction. Mais j’ai voulu garder la troisième personne. Cependant, rien ici n’est fiction : elle, c’est moi.

Je rassure tout le monde : c’est un effet de style, je ne suis pas atteinte brutalement du syndrome Alain Delon…

 

 

 

(Femme sourde-muette et aveugle

Elle vit dans une silencieuse terre de vibrations.)

 

Elle n’est plus que sensations.

Plus de lumières, plus de mots, plus de sons,

Juste une plongée dans son noir profond

A la recherche d’une pensée claire

A la recherche d’une pensée vraie.

Apprendre de l’autre qui elle est,

Apprendre de soi ce qu’il sait,

Ce qu’il tait puisqu’il est le passeur,

Non pas l’ordonnateur.

 

Nier toutes les apparences.

Ne se fier qu’aux fulgurances.

Privation des sens

Pour retrouver l'essence,

L'essentiel,

Le réel,

Le verbe perdu,

La parole nue.

 

Elle ne dit rien,

Elle ne voit rien,

Elle n’entend rien

De l’extérieur.

Des ondes bouleversent

Son paysage intérieur,

Vont et viennent,

Tempête sereine.

C’est une solitude à deux

Car sur elle, elle sent ses yeux.

 

(Ses yeux sont les yeux qui

Transmettent tout ce qu’ils savent,

Les regards cristallins et étincelants montrent

Qu’il est son chef

Qu’il est son guide

Dans le voyage étonnant

Ensemble ils chevaucheront.)