E COMME ESTHETISME ( Pompei ) ...

 

Je ne sais depuis combien de temps existe l’illustration (par dessins, par peintures) BDSM.

Pour ma part, l’oeuvre artistique la plus lointaine que je connaisse est celle des fresques de la Villa des Mystères à Pompéi.

 

Rosso pompeiano... 

Je vous offre ce soir la reproduction de « La flagellée », l’un des épisodes les plus connus de cet ensemble !

Cette "flagellée"  fut à l’origine de beaucoup de trouble en moi, en mes vertes années.

Mais ce trouble, je l’ai déjà évoqué en racontant mes racines BDSM dans un texte qui fut en d’autres temps, publié « ailleurs ». 

Détestant me redire, me réécrire, je préfère vous le  donner en lecture pour accompagner cette image.

 

Il s’intitulait « Comment avez-vous découvert que ? ».

 

 

 

Attention ! Warning !
Il ne s’agit pas d’un « remake » de l’interview « Première Fois » du samedi soir chez Ardisson...
Dans notre monde du ressenti , qu’est-ce qui vous a amenés un jour à savoir que ? Quelles émotions personnelles, esthétiques etc ?.

Avant de faire ,comment avez-vous su que vous étiez ?

Enfant, j’aimais grimper aux arbres, je n’étais amie qu’avec des garçons, c’était l’époque des westerns, nous les remettions en scène dans nos campagnes du Sud, j’étais toujours l’indienne, celle qui finissait le jeu attachée à l’arbre et pour rien au monde , je n’aurais échangé mon rôle.

J’étais aussi Catwoman et Batman et Robin me capturaient à la fin.

J’aimais bien la fin...

A seize ans, exposé en Philo.

Moi, je choisis : « Jusqu’où peut-on aller par passion ? »
Dans la bibliographie proposée par la prof, il n’y a pas que des philosophes mais trois romans : « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen « L'image » de Jean de Berg et « Histoire d’O » de Pauline Réage.
Je craque pour Solal mais c’est O qui m’interpelle.

Je suis à l’âge des boums, des baisers au goût de Malabar , je suis amoureuse mais le vécu me paraît fade.

O, c’est autre chose!

Ainsi l’amour peut se décliner en gestes aussi extrêmes ? Je sais déjà « qu’il n’y a pas d’amour, seulement des preuves d’amour »(Cocteau) mais celles d’O me semblent toucher à l’absolu ...

Je demande aux copines si elles seraient capables de...
Moi, je sais déjà que oui, mais bon, on n’en est pas là et je mâche mes malabars : j’ai eu la meilleure note à l’exposé !

Quelques années encore...

Je pars vivre en Italie, je retourne chez moi, vers la source.
Je suis intensément heureuse.. En ces années-là, l’Italie est un bouillon fertile d’idées, de culture.. Les maisons d’édition fleurissent :souvenons-nous de Feltrinelli.

Je lis un bouquin « Masochisme, une maladie particulière » dans cette bio , l’auteur, une allemande, évoque la rencontre avec son Prince Noir : je la comprends, je connais si bien son attente….

Moi, j’ai un copain italien, il me fait lire les BD de Guido Crepax.

Lorsque nous nous aimons , il me tire un peu les cheveux, m’attache les mains avec un foulard , mais on en reste là.

Nous avons tant de choses à vivre :en ces années-là, l’Italie, pour ceux qui ont vingt ans comme nous, se nourrit à la source de l’autonomie.

L’autonomie..la mienne avant tout !
Je voyage beaucoup en train .
« Passé Parme , passé Plaisance, le train procède entre deux haies d’aubépiniers. »(Suzanne Lilar)
Je découvre Florence, Rome , Naples et parmi tant d’autres les tableaux du Caravage.

Ils me troublent à l’extrême , pas seulement pour le clair-obscur...

Tout dans la vie du Caravage me trouble, comme dans celle, si proche, de Pasolini...

Pompéi... : Je tombe en arrêt devant la fresque de l’Initiation à la Villa des Mystères.

Je sais qui je suis :cette candide flagellée à la peau si blanche.

Pour moi, tout le puzzle est recomposé qui va d’O à cette fresque !!!

Le reste , ce sont des années et des années qui passent...

Je construis ma vie :elle a une chose de particulier, mon tout petit tiroir secret que j’entrouve quelquefois et qui n’intéresse personne jusqu’à ce que , un jour, un film de femme fasse scandale sur les écrans et que moi, qui ai alors déjà passé trente ans, j’ai envie d’ouvrir bien plus que le tiroir mais la porte..
Oui, une porte grande ouverte!

Sur quelque chose à vivre.

Mais cela, c'est une autre histoire...