Photo John Spinelli

 

M COMME MIEVRE ( OU POU-AISIE BDSM) ...

 

Je vous préviens : c’est un billet d’humeur. Autant dire qu’il ne sera pas gentil. Et aussi qu’il ne me fera pas que des ami(e)s. Tant pis.

Même que je m’étais juré de ne pas le faire, ce post.

Mais il y a des jours où ça déborde…

 

Il s’agit de weblogs. De weblogs « dits » BDSM pour préciser.

Je qualifiais le mien de « guimauve » ici-même, il y a quelques semaines. Je voulais dire que, par rapport à la littérature osée de ce type, je pouvais parfaitement en me situant de l’extérieur, trouver mes écrits « gnangnan ». Pour être plus claire, j’avais même écrit « mièvre » dans un commentaire.

Et bien, je retire. Pour la mièvrerie, je peux repasser. J’ai trouvé mes « maîtres ».

 

En ce moment, les weblogs BDSM … essaiment.

Je devrais être contente ? Ben, pas vraiment !

 

Ce n’est pas pour rien que j’ai envoyé les majeurs ( the adults ) il y a quelques jours, se promener dans la Rue Bricabrac. Je réitère ce soir. Dans cette rue-là, il se dit des choses, dans un style décapant , il se dit des choses qui font avancer le schmilblick.

Mince ! Quitte à tenir un blog , et en plus un blog BDSM,  à y écrire tous les jours et pour certains mêmes plusieurs fois par jour, autant avoir quelque chose à dire.

 

Des weblogs BDSM, j’en connais depuis 2002. Je n’en ai jamais parlé. Ils étaient pour adultes et parfois d’un langage « vif » que je ne voulais pas cautionner, d’autant plus que je n’en partageais vraiment pas les idées de fond.

Aujourd’hui, ceux-là sont devenus bien pauvres.

Certains qui n’avaient, dès le départ, pas grand chose à dire, font dans la publication de photos, parfois du même genre que celles que vous voyez ici chez moi, mais n’ajoutent même plus une ligne de commentaires maintenant. Et moi, quand il n’ y a rien à lire…

D’autres avaient de l’humour mais, chemin faisant,  on se demande qui sait quoi (ou peut-être qui) ils ont perdu en route, le fait est que la brillance de la plume et le brio des mots ne sont plus là….Ce n’est donc pas en ces temps de disette qu’ils traversent que je vais vous convier chez eux.

 

Le pire reste à dire. Est arrivée la nouvelle génération qui se répand, publiant à tour de bras, de manière stakhanoviste.

Ces weblogs ont un point commun : ils sont fait de poèmes. Aargh !

D’aucuns vont se demander : et alors, c’est quoi qui la gratte ? Elle écrit bien des poèmes, elle aussi.

Oui, mais d’abord, je n’écris pas que ça. Et puis, mes poèmes, je sais ce qu’ils valent. Je me fais plaisir mais je n’oublie pas que l’un d’entre eux s’appelait « La poésie est un art facile, vous dis-je ».

Enfin, bref, je sais que je ne suis pas Eluard.

 

Eux, non, hélas. Ils se désignent en poètes .

Et moi, dans tous ces weblogs de poèmes BDSM, concentrés chez deux hébergeurs, je n’y vois que du toc mais un toc affreusement pauvre…

Genre l’illustration choisie ce soir…

Que l’auteur de celle-ci me pardonne mais son œuvre manque d’authenticité… Elle a sans doute été pensée dans un souci d’esthétique mais Diantre !, au finish, c’est raté. Personne n’y croit à cette photo, elle ne sublime rien, elle ne contient aucune métaphore . C’est une pose classique, avec des accessoires super-clinquants, super bidon. Regardez ces chaînes, ce cuir doré factice. Vous avez tout compris.

 

Et bien , voilà, la "nouvelle  vague" des weblogs BDSM est à l’image de cette photo ; je ne citerai personne. Je vous dirai pourquoi en terminant.

Ganesha, divinité hindoue des arts, qui voit tout, reconnaîtra les siens.

 

Pour commencer, on en a un qui se prend pour René Char : il voudrait en avoir la rage et la furie : je ne vous dis pas le résultat…Rage, oui, mais de dents pour moi.

En plus, lorsque dans ses commentaires quelqu’une, se prenant pour la Mère des Arts, vient minauder un semblant de désapprobation, il efface aussitôt l’ « œuvre » qu’il publiait en conquistador quelques heures auparavant. Et quand l’avisée critique revient poser son grain de sel  pour susurrer que là, oui.. c’est mieux... elle comprend mieux... le faux-Char gonfle le jabot.

 

On a ensuite la Grande Poétesse : celle-la tire à vue dans tous les sens, fonctionne à voile et à vapeur. Elle a des weblogs, un site sur lesquels se répètent ad libitum ses vers d’une prétention sans égale. D’un creux sans égal aussi. Le Trou Noir.

En plus, elle fait dans l’alexandrin. Le plus surfait des rythmes . Je vous laisse imaginer la spontanéité du lot.

Et la profondeur et la force de l’expression poétique BDSM quand on vit le dictionnaire des rimes en main : une nature morte.

D’autant plus qu’avec elle, l’alexandrin va tantôt vers Alexandrie ( je joue la lyre soumise) , tantôt vers Alexandra ( je joue la lyre Domina).

 

Sur le blog de la Grande Poétesse, tout fonctionne autour du répété ad libitum mais aussi d’un usage savant du commentaire : elle aguiche à gauche, elle aguiche à droite, hommes ou femmes, se faisant tour à tour séductrice, boudeuse, tentatrice, se rapprochant, s’éloignant…Recherchant les blogs « possibles » pour les « lier » au sens « blogosphérien » et y être d’une rare activité de commentatrice, flattant, conseillant, grondant, consolant…et, pour finir, s’y retrouver « liée » à son tour .

Bref, elle se rend indispensable, se posant en éminence SM, se donnant à tous (tes) et à personne mais aussi agissant de part ses remarques en animatrice d’atelier d’écriture avec une telle hauteur condescendante ou une telle bassesse flatteuse qu’elle réussit à convaincre et à vendre pour du consommé de choix sa soupe mièvre. Elle alexemprise, elle alexembrase…

 

Elle le sait d’ailleurs et ne manque jamais ( des fois que la lassitude viendrait à poindre du manque de renouvellement, des mêmes rimes cent fois mariées ) de produire à chaque lune un texte érotique avec tous les poncifs éculés du genre BDSM : dialogues crus etc ….Elle sent bien les choses et laissant son lecteur, sa lectrice aussi ( hélas, je croyais que les femmes avaient plus de flair que ça ) « badant » en attente de la prochaine cargaison-lunaison, elle s’en revient dès le lendemain à la pêche aux vers et repart puiser chez l’alexandre, sur ses douze pieds, un jour en talons de soumise, un jour en talons de maîtresse.

 

Allez, puisque je ne cite pas, je vous en fais une imitation :

 

« Et voici qu’il se meurt d’un surcroît de douleur,

Cédant à sa prière, je la rends éphémère.

Il m’a touchée au cœur, je ne suis que douceur.

Je me ferai sorcière dans les bois de nos chairs. »

 

La montre de Petitou réglée sur les secondes à côté de moi, il m’en a fallu 119 en tapant d'un seul doigt,  pour écrire ce quatrain au clavier. Je ne peux pas dire que j’en sois fière. Je n’ai pas cherché un brin de sens. Juste de l’écriture automatisée( je n'ai pas dit automatique, jamais je n'insulterai les mânes des Surréalistes ).  La poésie est un art facile, vous disais-je…Quand elle n’est que formelle !

 

Des mièvres, il y en a aussi à l’heure qu’il est, depuis quelques mois donc, un troisième, un quatrième, une cinquième, une sixième et je décide là d’arrêter de compter. Et de les lire. De toute façon, les bras m’en tombent.

 

On aura, nous BDSMeurs, décidément tout subi sur la Toile, les faux pratiquants se prenant pour des vrais, la fausse littérature de sous-madame-Pipi ou sous-Master-Popo, et maintenant la fausse poésie. Il ne manquait plus que ça, tiens.

 

Je m’étais bien juré, comme je vous l’ai dit, de ne pas le faire ce post, mais c’est qu’en l’espace de pas même une saison, allez, deux mois à tout casser, tout ce beau monde s’est mis à avoir les chevilles ultra-gonflées. Et c’est « gonflant » de les voir eux, les « poètes SM », agir comme dans la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.

 

 

Ne croyez surtout pas que c’est par manque de courage que je ne vous les u.r.l.e pas, ou que je pense que vous ne sauriez pas faire la part des choses par vous-mêmes.

Mais si je créais pour eux ou elles un lien ici, le référencement des blogs par Google nous associerait illico.

Qui cite Pierre lui est obligatoirement considéré comme un « link » et là, merci bien, je ne veux pas qu’ un jour, en tapant le nom de mon blog sur un moteur de recherche, la googlerie ne me fasse faire de la pub à ces gens-là…

Mièvres, toc…

Berk.

Pas plus BDSM que la fille de ma voisine qui , à seize ans, c’est normal, s’habille en faux cuir punkette.

Pas plus poètes que mon poissonnier, qui, je vous le jure, ne l’est pas.

Pour lui, une rascasse est une rascasse.

Et il a bien raison.

 

 

 

PS : Parfois, il arrive que le BDSM sache se dire façon poème sans être Desnos mais sans faire surfait, parce que les mots viennent vraiment du cœur. Là, je veux bien vous envoyer faire une petite visite : c’est sur 20six, chez Impudente.

 

 

Quant à la poésie, qui n’est pas l’apanage du BDSM , loin s’en faut, on peut en trouver chez  VITRIOL, par exemple, ici et …

Ou chez Knoop dont chaque texte est, pour moi, poésie.

Ou encore chez Karmasutra, lorsqu’il nous reviendra, à la fin de ce mois.