M COMME MIEL ( LE MIEL DU FOUET ) ...

 

Je lis actuellement un très sérieux ouvrage sociologique sur la tendance SM  et je vous en reparlerai certainement si j’arrive à trouver le bon angle pour vous le faire partager.

Toujours est-il que dès le début, l’on y constate combien il est difficile « de l’extérieur » de comprendre – voire même d’admettre –  aujourd’hui encore les personnes qui se manifestent sous cette étiquette.

 

Et moi qui comptais bien parler ce soir du « miel du fouet » !!

 

Pour ma génération, ce miel -là, tout le monde l’a goûté à travers l’un des films en Technicolor qui fit la joie des petites salles de province au milieu des années 60, un épisode de la série des fameux « Angélique »…

C’était « Angélique et le Sultan », énième avatar des aventures de la malheureuse qui, depuis au moins cinq films et cinq années-ciné, toute à son Joffrey, se refuse au Sultan en titre du navet de la cuvée et subit alors le fouet en place publique.

 

            

 

J’étais enfant, nous l’étions presque tous. Et toute la salle de crier « Oh ! », de crier « Ah ! », mais de rester pour revoir le film à la séance suivante. Il faut dire qu’on parlait en ce temps-là de cinéma permanent et pas d’usines à débiter de la pellicule comme dans les Gigarama d’aujourd’hui…

 

Certains s’imaginaient Joffrey, d’autres Sultan et, je veux en être certaine, d’autres encore le Fouetteur en personne….

Nous, les filles, nous nous rêvions Angélique et subissions avec révolte le cruel châtiment…

 

Moi, minuscule encore mais exaltée déjà, je ne me posais qu’une question :

« Pour mon Joffrey, au nom de mon amour, serais-je capable de pâtir ainsi ? »

et ma réponse, que j’estimais immensément courageuse du haut de mes sept ans était « Oui ! ».

 

Pas encore le miel mais déjà le sel du fouet…

                                    

 

Plus tard, plus grande, vint le temps de l’amoureuse, toujours cinéphile.

La première fois que je vis Corinne Cléry fouettée dans l’Histoire d’O, une nouvelle petite question se posa à mes seize ans :

«  Si Philippe ( c’était mon chéri de l’époque ) me le demandait, est-ce que je le ferais pour lui ? »

Et la réponse était encore oui…

 

Toujours courageuse, mais fière en plus cette fois-ci.

Le miel du fouet….