Photo MR MOJORISIN

 

M COMME MICROCOSME(S) ...

 

J’ai la religion de l’écrit. C’est certainement la seule que j’aie.

Alors, rien d’étonnant à ce que j’en sois venue où j’en suis par le virtuel, par le fait de lire des auteurs tout d’abord dès mon plus jeune âge, puis un jour, par la lecture d’autres comme moi qui maniaient les mots sur un forum.

Ce fut le premier microcosme de ma vie.

Bien sûr, la vie d’un immeuble ou celle d’un établissement scolaire pourraient être vues sous le même angle.

Mais ce que j’entends par « microcosme » ici, c’est un groupe de gens rassemblés par un intérêt commun et sous la houlette d’une personne. Et un forum, c’est tout à fait ça…

 

De ce premier forum, je me suis fait indiquer la sortie manu militari. Je ne reviendrai pas ici pour la vingtième fois sur les raisons. Je préciserai simplement que s’il y en avait, ce ne furent pas les vraies qui furent données publiquement. De cela, j’en ai toujours beaucoup voulu à celui qui avait les clics et les clés.

 

Et pourtant, cette personne, je la lisais avant, sans savoir qui elle était et ce qui adviendrait un peu plus tard et je respectais ses écrits, même si je ne partageais pas souvent ses idées. Il y avait un fil conducteur dans sa pensée qui n’était pas le mien mais qui relevait au moins d’une pensée personnelle, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui s’expriment ou croient s’exprimer sur la question.

Je le lis encore aujourd’hui. Sur d’autres sujets maintenant que le BDSM… C’est un monsieur très sérieux. Je ne peux pas dire qu’il m’arrache des éclats de rire, comme certains de vos blogs, mais je le lis et il m’arrive même d’être d’accord avec ce qu’il écrit.

 

Cela ne veut pas dire qu’il y a un quelconque pardon : trop de choses ont été écrites de part et d’autre. Il n’y même pas de regret à formuler. C’est bouché, irrémédiablement inconciliable.

Mais je respecte ses écrits comme je les respectais avant.

Et, plus compliqué encore, à la lumière des derniers événements, peut-être ai-je envie de lui dire ici ce soir que ce fil jamais perdu, malgré tout, malgré tout vraiment ( même deux blogs « volés » !) était de ma part une autre forme de respect, celle du fait d’avoir reconnu en lui, à défaut de quelqu’un de très humain ( et c’est dommage !) tout au moins un vrai pratiquant du monde BDSM.

J’espère qu’il lira ou que tout au moins quelqu’un lui fera connaître ce qui est ce soir une forme de l’adieu et qu’il n’y verra pas, comme à son habitude, quelque mot en -tion ou -ssion.

Cet adieu, Monsieur, revêt la forme d’un sourire où les questions qui n’ont jamais trouvé de réponse se mêlent d’empathie.

Chez vous, dans votre domaine privé, au moins quelques voix avaient (ont) la note de l’authenticité et votre lieu est encore une Rolls, comme je l’écrivis autrefois, comparé aux tristes guimbardes qui ne tiennent pas la route mais qui voudraient paraître rutilantes ici et là aujourd’hui…

 

Dans ce premier microcosme, j’avais donc autrefois de vagues amis «virtuels». Est-il utile que je précise qu’après ces événements je n’en eus plus aucune nouvelle ?

Ce fut encore plus notable pour M. Là-bas, il connaissait des gens, je veux dire qu’il les connaissait pour de bon. Pour beaucoup, c’était même lui qui les y avait amenés. Je me souviens notamment de celle qu’il appelait « sa petite sœur » et précise que je n’en étais point jalouse : c’était une Domina, comme on dit…Elle écrivait bien, tiens, celle-là aussi…

 

Et bien, du jour au lendemain, elle a fui M. comme s’il était la peste et le choléra réunis..

 

Le comble fut atteint l’an passé. Plus d’un an et demi après ces événements, nous la rencontrâmes, accompagnée de son mari dans une soirée d’inauguration. Nous étions assis à deux mètres les uns des autres. Elle ne lui adressa pas même un salut…

Le microcosme avait depuis longtemps rendu son jugement et son anathème définitif.

 

Aujourd’hui, M. écrit sur ces fameuses listes MSN avec lesquelles je connais tellement d’ennuis. Il y produit des textes réalistes et sages, fidèles à la ligne qui était la sienne dans le forum des origines. Certains, dans les fils de discussion, lui donnent raison.

Bref, tout baigne….

 

Pas vraiment. Parce que dès qu’il y a un heurt avec le « chefaillon» de service comme dans la malheureuse affaire de plagiat que je vous ai racontée ces jours-ci, alors là, il n’y a plus personne. Soit c’est le silence soit, pire encore, on emboîte la roue du berger, fût-il le plus malhonnête, pour écrier « haro » avec lui et se faire bien voir, montrer qu’on est capable de faire un bon mot, même d’une douteuse grossièreté.

Inutile de dire que je n’ai aucun respect pour ces écrits-là.

 

Ils sont ainsi les microcosmes BDSM. Une bande de coyotes qui se prennent pour des loups.

 

Je demeurerai toujours stupéfaite de voir comment ceux qui devraient être les plus unis et les plus solidaires, vu la frange de marginalité qu’ils partagent, sont en fait les plus rapides à « se bouffer la gueule ».

 

Et combien les mots, parfois, dans ces microcosmes-là, sont vides de sens.

 

A ne plus avoir envie d’y croire.

 

A ne plus avoir envie d’écrire.

 

( à suivre très vite dans le quart d'heure, sur la note en préparation, le temps de faire quelques derniers liens…)