Photo Johannes Kornfeld

 

Je dédie ce texte à Falo.

Ces temps-ci, les photos de son blog ont eu souvent le thème de la feuille d’automne. Etonnamment vivante. De cet autre photographe, Johannes Kornfeld, une version automnale charnelle que, quant à moi, je me suis contentée de mettre en vie et puis de mettre en mots…

 

Je ne recherche pas que la douleur. Tu n’es pas empressé de ne m’offrir qu’elle.

Tu ne m’as pas rendu un corps vivant, joueur pour n’en tirer jamais que des larmes de sel.

Notre chemin n’est marqué que des pierres de l’insolite.

Créer la surprise, la mettre en scène ensuite.

 

Il faisait très beau et même encore très chaud quand Tu m’as demandé de m’allonger sur le dos en ce lieu ombragé.

J’étais un peu perplexe dans ma nudité mais le sol était tiède et ma peau le sentait.

Une après l’autre, Tu as posé sur moi toutes ces feuilles mortes. Leur odeur était fraîche, leur consistance sèche…

Je suis donc devenue une dormeuse pâle dans sa robe de chair. Une couette  éphémère, le soleil automnal complétaient ma parure dans la clairière sûre.

 

Aucun passant, pas de chasseur furtif…

Seulement Toi et moi. Seulement moi et Toi.

Silence relatif.

J’attends.

Et j’entends.

Des oiseaux et des vrombissements d’insectes.

Au loin un ruisseau, mais pas de voix suspecte.

Je ne veux pas Te voir.

Je ferme fort les yeux pour feindre infiniment ce somme bienheureux.

Mais mon buste et mes seins émergent de ce noir.

 

Je sais que Toi, Tu es le guetteur attentif de ce sommeil factice.

Je sais que Toi, Tu es l’observateur actif.

Et l’amoureux complice…