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M COMME METAMORPHOSE (3) :  LA PRESENTATION ( NOUVELLE 1 )...

 

« La présentation » est une nouvelle, c’est à dire une pure fiction, inspirée des deux photos qui l’illustrent. Elle ne concerne donc aucune personne vivante ou décédée et toute ressemblance serait tout à fait fortuite. En revanche, la « situation » qu’elle évoque se produit fréquemment. Ce texte ne s’en veut qu’une représentation, une interprétation possible au travers d’un personnage…Il ne clame donc aucune vérité et se veut tout au plus une pochade, un clin d’œil…

 

LA PRESENTATION - ( NOUVELLE - 1 ) .

 

 

Il avait décidé qu’elle était fin prête pour être « présentée ».

Ce qui, en peu de mots, signifiait qu’il allait l’amener chez des gens, dans une soirée privée où elle serait le centre de tous les commentaires, de tous les jugements. Ce soir, la séance se déroulerait chez les D…, dans leur splendide hôtel particulier si réputé…

Cela était en soi un honneur. C’est qu’il considérait une part de son œuvre comme achevée.

Elle n’était pas sans savoir, cependant, que ce genre de « récompense » suppose un passage à autre chose et que pour lui, elle était désormais bonne pour être offerte ou tout au moins partagée.

 

Je m’ennuie avec toi. Tu ne me donnes rien, tu ne m’apportes rien, tu me vois comme une chose, ta chose, tu ne te préoccupes ni de ce que je ressens, ni de ce dont j’ai envie, encore moins de ce dont je n’ai pas envie. Ce n’était pas cela pour moi, la soumission, c’était un rêve d’amour essentiel, d’extrême à vivre à deux… Deux, il est où ce pluriel quand pour toi, il n’y a que toi qui compte ?

 

Il avait choisi jusqu’au moindre détail de sa tenue, depuis ses dessous du dernier chic jusqu’à sa cape, seul vêtement autorisé et ce masque, bien sûr, le masque d’O… Il les avait désignés dans des boutiques somptueuses et c’est elle qui avait du aller les chercher…

 

Tu ne m’as rien offert : ni ton temps, ni ton attention, pas même les objets que tu jugeais nécessaires pour me parer… Encore ce soir, je n’ose songer à ce que me coûtent ces vêtements que j’arbore pour ton seul  contentement…

 

Le salon était plus que bourgeois. Tout dans le décor y était feutré, du velours des sièges à l’éclairage subtil. Ils étaient déjà nombreux lorsqu’ils firent leur entrée. Les femmes n’étaient pas les moins présentes et une multitude de vêtures flambant neuf se montrait là comme dans un défilé : cuir, vinyle et latex  pas toujours joliment portés. Il est des fronces d’âge que le clinquant ne réussit pas à cacher…

Ces dames l’examinaient et commentaient à voix haute. On aime toujours, quand on est femme, saisir une occasion pour en broyer une autre ne fusse que par les mots….Oh ! Elles ne critiquaient pas vraiment, par égard envers lui qui était leur pair, mais elles se faisaient un plaisir de souligner l’imperfection d’un geste : jambes pas assez ouvertes, fesses pas assez cambrées.

Les hommes se taisaient pour l’heure.

 

Que penses-tu donc que je puisse penser d’eux et par là même de toi ?

Ce salon est à leur image à tous et à la tienne du même coup… Rien que de l’apparence.

Rombières entre deux âges, maîtres se rengorgeant, soumises déjà usées et passées de mode. Ce soir, c’est toi qui te pavanes puisque c’est ma soirée, donc la tienne, et que tu es important puisque tu leur amènes du nouveau gibier…

 

Tout le monde est maintenant arrivé.

Le maître de maison l’a prise par l’épaule, il l’amène s’étendre sur un sofa. Les voix redoublent d’intensité, les verres tintent, on se rapproche. Voici que l’on fait soudainement cercle autour d’elle…

Quant au"propriétaire" de la belle, lui, il est très fier.

Il est le souverain ce soir sous le grand lustre...

 

 

 

 

 

(A SUIVRE)