E COMME EPANOUIE ...

Epanouie est le vrai mot, celui qui colle le plus à la réalité.

Celle, tout d’abord, d’une amante forcenée de l’écriture.

Car il ne faut pas croire que nous ne sommes QUE ces pratiquants que nous racontons ici. Bien au contraire. Mais au nom de la liberté, avoir le droit, la possibilité d’être ce que nous sommes, de consacrer un blog entièrement au BDSM nous permet de mettre en lumière cette façon de concevoir notre sexualité « en marge ».

Cette religion de la liberté, nous la portons en nous dans chaque acte quotidien de notre vie.

Libertins et libertaires, engagés dans des combats, militants pour des causes qui nous importent.

La question est de savoir qui fut le premier, de l’œuf ou de la poule. Sommes-nous libertaires d’être libertins ou l’inverse ?

Pour moi, je crois que les deux ont toujours cohabité depuis mon âge de conscience. Tandis que j’exploitais les chemins transgressifs de mes toutes premières émotions érotiques enfantines, je parcourais en même temps ceux, subversifs, qui m’entraînaient vers la montagne de fer ardent de toutes les autres libertés, les miennes et celles des autres à défendre.

 

Le BDSM n’est pas une de ces causes, pas un de ces combats, il me fonde, il est en moi : c’est ma sexualité. Il  m’épanouit..

 

Comme M . le fait… Lui qui m’a ouvert les portes de la béatitude ne me désire qu’ainsi : chaque jour un peu plus ouverte, plus curieuse, plus déterminée, chaque jour un peu plus heureuse.

Vous savez que ma devise est « Il y a des liens qui libèrent et des douleurs désirées qui font grandir ».

 

Le BDSM est une sexualité qui procède par étapes : aucune d’elle n’est à ignorer et ces étapes, ces métamorphoses font que cet art d’aimer est fait de surprises constamment renouvelées : ce sera ma manière de répondre ainsi au post de notre ami Backdoor d’hier soir.

Jamais la moindre routine, la moindre lassitude, ni le désir de changement, de vouloir aller vers un plus : le changement, le plus sont déjà contenus dans une relation D/s, celle ci est même fondée sur eux. Je vais et Il va, nous allons d’étonnement en étonnement, de découverte en découverte et mon corps est le violon dont il se fait l’archet.

 

La « soumission » m’a rendue plus libre,  plus combative au quotidien, c’est curieux comme des chaînes( au sens propre) peuvent non pas limiter mais bien au contraire ouvrir toute grande la porte au monde.

 

Epanouie aussi d’avoir trouvé cet espace d’écriture, que je cherche à rendre le moins outrageant, le moins choquant possible pour ceux qui nous lisent et qui ne sont pas de notre « paroisse ». Epanouie de constater, moi à qui la parole fut refusée dans mon propre milieu par la seule volonté d’un « chef de file » menant ses troupes à la baguette, que je dis aujourd’hui ici ce que je n’ai jamais pu dire là-bas où seul le consensuel (c’est à dire la ligne imposée) régnait en « maître »…

 

Epanouie chaque matin quand je me lève d’être ce que je suis. Fière aussi. Et prête  à partir pour une autre journée dans le vaste monde où, comme chacun d’entre vous, j’existe autrement que de par ma tendance sexuelle. Epanouie quand dans mon métier, les choses vont bien et m’enrichissent, épanouie de la seule lecture d’un bon livre, de la seule vue d’un bon film. Epanouie pour une expo, un paysage, un restau succulent, une discussion entre potes, une action militante.

Epanouie de plus en plus et à chaque heure devant les rires de mon enfant, sa malice.

 

Cette liberté, cette paix, cette harmonie, je les dois au fait qu’un homme ait accepté

de me prendre en charge dans les différents passages à franchir pour être réellement moi-même.

Et je sais très bien qu’on appelle cela amour. Amour et amour seulement. Amour BDSM pour ce qui nous concerne, fait d’attente et de plaisir comme tous les amours, la sexualité dans les normes ou hors-normes étant une partie seulement de l’amour en soi.

 

A Toi, ma gratitude infinie …Toi, vivant, vibrant, dont je veux être l’aube, l’aurore qui se lève chaque jour sur Ta vie, sur nos vies qui dépassent de loin le seul cadre de notre sexualité de l’ "en-dehors"…