M COMME MELANGE POUR UN COCKTAIL ESTIVAL ( OU NOTES PARESSEUSES 8 : D'UNE TOILE D'ARAIGNEE, L'AUTRE ...)

 

La toile d’araignée m’attendait au bout d’une route départementale, de celles qu’on oublie trop souvent dans nos voyages pour ne plus emprunter que les autoroutes linéaires…

La nuit tombait peu à peu, les rangées d’arbres qui la bordaient s’obscurcissaient lentement…

Nous nous sommes égarés, comme d’habitude…

Des kilomètres avant de trouver la haute grille.

Le Donjon de Bessan, comme son nom l’indique, est un donjon, pas une boîte, un club SM au sens où on est accoutumé à l’entendre même  si l’entrée en est payante. C’est un tout petit peu différent, à la fois plus anonyme, plus intime mais aussi plus convivial…Moins de paraître, quoi…

 

La toile d’araignée, c’était la dernière image de ce blog avant nos vacances amoureuses.

Je ne savais pas, Tu ne savais pas que nous allions trouver le moyen, là, de la vivre, sortie du monde des rêves pour une nuit.

 

Moi et ma robe longue, noire, moi et le merveilleux collier d’esclave-reine, en lourd métal avec son cadenas, tant désiré et reçu  pour mon anniversaire quelques semaines auparavant… Toi qui me regardes.

Les autres, discrets, qui sont là sans y être, occupés chacun à leurs jeux, silencieux ou bavards.

J’ai relevé ma robe le long de mes jambes, je me suis agenouillée sur un emplacement adapté, ouvrant mes cuisses, je ne Te voyais plus et d’ailleurs je fermais les yeux tandis que Tes mains, lentement d’abord puis plus fermement, prenaient possession de mes fesses.

Mes mains étaient reliées l’une à l’autre par deux lourds bracelets de cuir au-dessus de mon visage, je m’imprégnais à plein nez de leur odeur aphrodisiaque pour moi tandis que mon derrière s’empourprait, fessé méthodiquement avec tout les hommages que sa posture méritait.

Douce fessée, fessée d’amour avec des coups plus forts et redoublés par instants qui retentissaient sous la voûte, qui me semblaient emplir l’espace et qui par leur brûlure me tiraient quelquefois quasiment des larmes. Larmes de bonheur… Je T’aime, je T’aime, Toi, je T’aime incroyablement quand Tu me fais ça…Quand Tu me consoles, quand  Tu me caresses et que prudemment, Tu viens saisir la « température », seul moyen d’être sûr de ne pas léser ma peau au delà du possible.

 

Ce n’est qu’après que nous avons vu la roue.

Une roue, dans un donjon, on peut en faire ce qu’on veut, le meilleur comme le pire.

Je ne sais lequel de nous deux a eu l’idée en premier et qu’importe, tant il est vrai qu’elle s’imposait.

Là, avec ses branches, la roue ETAIT la toile d’araignée, le support idéal du bondage rêvé.

 

J’ai enlevé ma robe, une bretelle après l’autre, et l’ai laissée glisser le long de mon corps. Tu m’as aidée à prendre place, de façon symétrique sur le bois ancien et Tu as commencé, tandis que je fermais déjà mes yeux, Ton travail lent et patient de liens. L’araignée, c’était Toi…

Moi, je me sentais, à chacun de Tes mouvements, m’engluer lentement dans ses fils…Rien de moi n’a été épargné, pas même mon cou : l’araignée a passé ses fils dans l’anneau du si beau collier…Et petit à petit, les fils m’ont serrée, serrée à me faire jolie proie bienheureuse. J’étais bien, j’avais chaud, le monde entrait en moi et l’amour aussi puisqu’à chacun de ses passages, l’araignée m’effleurait de caresses…

 

Quand j’ai été totalement prisonnière dans sa toile, il a fallu que l’araignée signe son œuvre.

Il a fallu qu’elle tatoue sa marque sur la peau autour de laquelle elle avait tant œuvré.

Mon nombril était l’endroit le plus évident. Tatouage de cire, goutte à goutte, un temps qui m’a paru infini. Je ne savais pas ce qui s’inscrivait là, le motif qui s’imprimait, je ne sentais que mon épiderme s’embraser d’étincelles, renouvelées sans cesse. Gémir un peu, juste gémir, mal parfois… Mal vraiment ? Mais non, autre chose…Mon esprit qui flotte un peu au-dessus de moi et qui ne sent plus vraiment les choses comme on croirait qu’elles puissent être senties…Un plaisir de douleur donc…Un plaisir bien présent dans mon intimité.

 

Les gens qui se sont rapprochés murmurent. Je sais que ce qui s’offre à leurs yeux doit être beau à voir…Moi, je suis là sans y être… Mes yeux n’ont pas envie de s’ouvrir, je suis dans de la ouate chaude, il n’y a que Ton parfum qui me parvienne. Je suis là sans y être mais là où je suis, je suis avec Toi…

 

Et enfin, de manière totalement inattendue (mais comment ai-je pu ne pas y penser ?), voici que la roue se met à tourner, vite ou très doucement puis encore plus vite et dans tous les sens…

Qui suis-je et où suis-je ? L’araignée m’aurait-elle injecté un venin qui fait planer ainsi ? Avant de me dévorer ?

Sourire.

Le Tien, si tendre, quand je retrouve enfin et la force et le désir d’ouvrir mes yeux.

 

Là, je vois tout et hélas, mais c’est pour préserver de futures magies, il est temps de défaire les cordes, de quitter la roue.

Ne reste que cette magnifique araignée de cire, lovée au creux de mon nombril, qui va m’accompagner pour tous les autres moments de cette soirée…

Je n’ai plus qu’elle et mon string pour vêtements.

Et mon collier, mon collier, mon collier…

 

Esclave et reine, oui, comme me l’a dit plus tard un des présents et j’ai été fière. Fière pour Toi.