MERCI A THIERRY POUR LA PHOTO !

M COMME MASCULIN ...

 

A Toi, que j’aime comme je n’avais jamais aimé.

A Toi qui, parmi mille cadeaux, me fit les deux présents les plus précieux au monde, celui de m’aider à devenir moi et ce weblog pour le dire…

 

 

Mon masculin à la peau douce

Comme celle d’un enfant,

Mon masculin à la voix dure

Qui ne connaît pas les bémols.

Mon surprenant de chaque jour,

De chaque heure au cadran solaire.

Mon attirant comme un aimant,

Qui m’a rendue enfin si fière.

 

Toi qui as traversé mes glaces

Ce brutal hiver d’autrefois

Où j’ai failli, de guerre lasse,

Me taire et donc n’être pas là.

Toi qui m’aura offert l’espace

Pour poser les mots de mes maux

Ces maux qui sont notre vraie grâce

Mais aussi mes autres vrais maux…

 

Nous avons été passagers

D’une terreur plus folle encore

Tout ce printemps et cette année

N’aura pas pour nous été d’or.

Il se trouve que les épreuves

Tissent des fils très bien armés

Notre vie en est sortie neuve

Et plus que jamais renforcée.

 

Comprenne qui pourra et ceux

Qui nous aiment ont pris le train.

Quant aux autres et bien je ne peux

Malheureusement pour eux rien.

Nous sommes les fruits d’une vigne

Mûrie jadis sous grand soleil

Qui aujourd’hui vivent l’intime

Loin des feux qui émerveillent.

 

Mon fouetteur des soirs en noir

Lorsque je me revêts de nuit,

Mon corseteur des moments forts

Quand je suis celle qui s’oublie.

Mon lieur qui me noue en gerbe

D’amour et de moisson fertile,

Mon enveloppeur de subtile

Transparence polysémique…

 

Nous nous sommes rendus fidèles,

Bel exploit pour qui nous connaît,

Et découvert que la plus belle

Etait la vraie fidélité,

Celle qu’on se doit à soi-même

Et qu’ensuite on peut déposer

Entre les bras de qui l’on aime

Ou, dans mon cas, mettre à ses pieds.

 

Mon masculin à moi. Etrange

D’avoir enfin moitié d’orange !

Mon masculin qui me dérange

Et me fait déborder la frange.

Mon masculin qui me veut libre

Avec des menottes aux poignets.

Mon masculin qui sait que vivre

Se conjugue tout comme aimer.