Avec l'aimable autorisation d'AZRAEL, créateur d'images virtuelles...

 

M COMME MARTINET ...

Lorsque « chez nous », une femme dit « J’ai été fouettée », quatre-vingt dix fois sur cent c’est du martinet qu’elle parle.

Il n’y a rien à y redire, le mot s’est vulgarisé ainsi dans notre langage.

Reste que le « vrai » fouet est différent, c’est tout de même le « must », l’emblème de la pratique SM, nettement plus spectaculaire à voir, reçu par une autre ou à ressentir, vécu par soi-même. Le fouet, c’est le fouet.

 

L’outsider, le martinet est une autre chose : une autre caresse, une autre morsure.

Pour l'apprécier, il suffit d'oublier l'usage qui en est fait chez la Comtesse de Ségur...Le temps n'est plus heureusement aux punitions corporelles pour les enfants pas sages et voici l'objet en question "recyclé" pur Eros...

 

J’ai cette chance que les « miens », si j’ose me permettre ce possessif, aient tous été fabriqués pour moi. Un très classique, de cuir rigide, et deux autres de daim souple, un court et un très long, presque une chevelure.

Une chevelure qui peut m’électriser en une seconde ou bien doucement se promener sur moi, du visage à la plante des pieds… C’est inouï, le nombre de sensations différentes que ces instruments-là peuvent provoquer (si l’on y est sensible bien sûr.)

Il y a d’abord le bruit, beau chant d’amour ( et oui..), celui de l’air qui se fragmente en de multiples souffles pour une seconde ( avec le « vrai » fouet, il ne se fend qu’en deux) et puis l’onde de choc, sur la peau, toujours inoffensive au départ et qui se propage en chaleur piquante…En plaisir.

 

Ils ont été, disais-je, fabriqués pour moi, à la mesure de mes fantasmes, de mes désirs.

J’ai toujours adoré ces « surprises » de M. : il faut dire que, Lui me connaissant aussi bien que je me connais, n’en a raté aucune…

 

Là réside tout le « merveilleux » des choses, nos « pratiques » sont trop particulières pour laisser, d’un côté comme de l’autre, le moindre droit à l’erreur.

Le vrai couple BDSM se doit d’avoir cette symbiose là s’il veut s’inscrire dans la durée. Sinon, c’est un jeu érotique où l’on espère qu’au moins les deux aient pris du plaisir avant de reprendre leur route chacun de son côté. Cela n’est malheureusement même pas toujours le cas.

 

Le martinet, c’est une transformation magique de la main de l’autre, mais qu’il caresse, chatouille ou cingle, c’est toujours l’être aimé que l’on sent « agir » sur soi et non un objet.

 

Après, de jolies marques demeurent de ces instants intenses qui nous émeuvent l’un et l’autre à les voir… Belle et profonde complicité, souvenir vivant de nos jeux.

 

Parce qu’entre temps, comme tous les couples, nous avons quitté le domaine d’Eros jusqu’à la prochaine fois, pour revenir à d’autres choses qui sont celles qui peuplent la vie….

Et où nous sommes tout aussi unis.

Une histoire d’amour comme toutes, quoi…