M COMME MAQUILLAGE ...

 

J’éprouve la même fascination pour le maquillage que celle que je ressens pour les masques.

L’un comme les autres peuvent transformer totalement.

Il est bien évident que je ne parle pas du maquillage quotidien mais de celui des grands soirs, celui qui ombre, éclaire, met en évidence ou cache.

En BDSM, il existe deux écoles : des maîtres veulent leur soumise maquillée comme une voiture volée, éternel fantasme de disposer d’une « femelle » attirant le regard des autres et évoquant le rut. Toujours la possibilité de s’offrir ainsi une occasion ou tout au moins une tentation de « prêter » l’objet.

D’autres la préfèrent monacale et sans fard aucun.

 

Je ne vois aucun intérêt à trancher entre ces deux approches .

Si ce n’est que j’ai toujours considéré le BDSM comme une sexualité « plus offrante ». C’est d’ailleurs sur ce point que réside pour moi l’essence de la tendance « soumise ».

Deux moyens de l’accomplir cette offrande : respecter les diktats de l’autre et se fondre dans ses désirs ou alors chercher à être soi, toujours plus soi comme le « Guide » nous incite à l’être, à surprendre donc quelquefois aussi en toute liberté et à « offrir » cette surprise.

Je me situe, bien sûr, quant à moi, de ce second côté, diamétralement opposé au premier . Mais là encore tout est affaire d’accord entre deux sensibilités et de ressenti personnel : pas question de jeter la pierre à qui que ce soit sur ses choix.

 

Mon maquillage de fête pour Lui, c’est essayer de Lui proposer un nouvel aspect de moi, inattendu, ludique, parfois très théâtral, une manière comme une autre de renouveler le jeu, d’être « ni tout à fait moi-même, ni tout à fait une autre ».

Un cadeau de beauté, une offrande à Ses yeux… Un passe, un code unique pour Lui. Même si les autres le voient, ils ne sauront jamais déchiffrer  quel message je Lui ai écrit ce soir-là au khôl et au mascara…

 

Et moi, toujours moi amoureuse et fidèle à Nous sous les poudres et sous les crayons, sous l’épaisseur des cils et sous les raisins de toutes les variétés de rouge.

Moi et une inconnue, une inconnue qui est moi, comme sous un masque.

Soumise, pour moi, c’est aussi ce jeu de l’étonnement dans le regard de l’Autre. A consommer avec modération mais à consommer parfois tout de même avec un infini plaisir mutuel.

Le plaisir du paquet cadeau où l’emballage est la première des joies, prémices de toutes les autres…