M COMME MANILLES 11 ( FANTOMES) 1 ...

 

Il y a deux mois, Falo a publié cet « autoportrait ».Je lui ai demandé l’autorisation de l’utiliser un jour sur mon blog. Puis, quelque temps plus tard, il m’a offert un « fan-art ». Je l’ai gardé jusqu’à cette date (enfin, jusqu’à demain !) parce qu’à partir de ses deux photos, j’ai composé ce texte en deux parties : « Fantômes ». Merci à FALO d’avoir en quelque sorte été la source où je suis allée puiser pour les écrire…

 

FANTOME 1.

 

 

Fantôme ésotérique, tout sauf érotique.

Fantôme hiératique. Hiérarque tout sauf sympathique.

Fantôme éparpillé, toujours épars, jamais pillé…

Il se tient à la grille, bien encapuchonné. A la grille qui brille, regardez-le passer. Il est de ceux qui restent et non qui disparaissent.

Il est en ma mémoire, entité monolithe et changeante à la fois. Flottant dans ma mémoire, revenant de là-bas. Je lui ai connu tellement de visages, tellement de messages, que l’ombre me suffit pour sentir sa présence dans la nuit.

Il n’ a rien de plaisant, non plus de bénéfique. Il est un petit pan de l’ « horreur économique ».

 

Ulysse d’une seule Ithaque, féconde terre de chasse, il y est revenu avec ses clics et ses claques comme on revient au port.

Stratégie ou de guerre lasse, mais le voici encore.

Nul n’a paru le reconnaître, même pas ses fidèles chiens…Et pourtant le sifflet du maître sonne bien. L’odorat dans ces pays-là fait défaut très tôt. C’est d’avoir flairé trop, pas souvent dans le beau.

Plaisancier des marécages, habitué des noirs rivages, naviguant en eaux troubles, toujours double, vendeur de mensonge et de songes, de rêve abscons, il joue aux échecs mieux que quiconque et sait placer sa reine, sa Marie-Madeleine,  pour mettre mat les fous qui voudraient voir dans ses atouts.

Encapuchonné. Toujours épars, jamais pillé.

Fantôme éparpillé.

 

Il fut celui qui osa dire ce qui était le Bien ce qui était le Mal dans le seul lieu où il aurait mieux fait de se taire. Lui qui se croyait Dieu mélangeait les contraires et l’amont et l’aval sous ses yeux de vampire…

Parce que ça le servait. Toujours lorsque ça le servait.

Certains soirs, il est en ma mémoire.

Encapuchonné. Tout sauf érotique.

Fantôme ésotérique.

 

Il est en ma mémoire, flottant dans l’air du soir… Il faut toujours prévoir quelle pièce il déplacera au prochain coup. Coup de hasard ou coup d’adresse, coup de roi ou coup de fou. C’est devenu un jeu…On a les jeux qu’on peut… Un jeu d’enfant pour les larmes d’antan.

Pour la plaie ouverte et pour le déni, pour les tours de passe-passe et pour la pure perte, celle des amis envolés sur ses traces …

Encapuchonné. Hiérarque tout sauf sympathique.

Fantôme hiératique.

 

Encapuchonné.

Encapuchonné.

Nightmare.

Cauchemar.

A-t-il seulement existé ?

Ou bien est-il le fruit d’une photo rêvée ?