Gray-Insanity in Deviant Art

                 ( Special thank to TRASIMARQUE )

M COMME MANILLES 3 ( LETTRE NON ENVOYEE )...

 

 

Merci à Yaël qui, par son commentaire sur la note d’hier, m’a incitée à me décider à publier ce texte.

 

 

LETTRE NON ENVOYEE.

 

Ces jours-ci, je souffre beaucoup.

De Ton absence . De Ta faiblesse là-bas.

Des mots que Tu dis et qui ne sont pas les Tiens. De cette apathie qui Te tient.

« Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ? »

Et toujours cette chanson dans la tête.

Je souffre, oui. Et, en plus, cette souffrance a un écho dans mon corps. Mon cou me fait de plus en plus mal . Tu insistes pour que je consulte un médecin. Tu me connais… Avec ma peur du pire….

Tu voudrais que je T’écrive. Je ne me vois pas T’envoyant ces mots. Peut-être les publierai-je un jour dans le blog. Après. A Ton retour. Histoire de montrer que ni Toi ni moi ne jouons jamais avec la souffrance. Que ce monde dont nous entrouvrons parfois les portes est tout sauf celui du souffrir.

Je ne pouvais pas même regarder à l’hosto lorsqu’ils Te faisaient une piqûre. Et je pense à tous ceux de chez nous qui se disent fanatiques des « jeux médicaux ». Bah ! La famille est faite de tellement de branches ! Je ne veux regarder que celle où nous sommes assis.

De toute façon, cette famille, comme toutes les autres – comme les nôtres, tiens – me désole.

 

Je déteste que  Tu souffres. Je déteste souffrir. Je déteste cet état entre-deux où nous sommes. J’ai mal que Tu aies mal et en plus, j’ai mal moi aussi. J’avale des tonnes d’anti-inflammatoires.

 

Je voudrais ma douleur à moi, rien qu’à moi. Ma douleur cuisante. Mes fesses rougies sous Tes mains ou nos lanières. Qu’importe. Mais du plaisir, du plaisir, du plaisir. Notre plaisir.

Etre ruisseau, source, fleuve d’avoir ce plaisir-là. Voir Tes yeux dire le Tien aussi.

Comprenne qui pourra. Une cravache est un bien plus bel instrument d’amour pour moi qu’une mandoline sous un balcon.

Surtout quand on sait la faire suivre d’une mélodie en long apaisement de plumes duveteuses.

Chacun ses goûts dans le secret des chambres .

Le chaud ou le froid. Le tiède jamais.

Souviens-Toi.

Je souris à y repenser : c’était Ton « profil renseigné ».

 

Hier, Tu m’as envoyé, depuis la maison de convalescence, une branchette de mimosa.

Je sais le nombre de pas qu’il T’a fallu faire pour aller la cueillir.

Je sais que Tu les as faits, ces pas-là, pour me rassurer, pour que je ne pleure plus, le soir, au téléphone, pour me prouver que, malgré tout, même si c’est très lentement, ça va mieux quand même.

 

Mais je déteste Ta souffrance… Et j’ai si mal au cou. Et cette souffrance dans ma tête rien qu’à penser.

Et le pire : ne pas savoir, ne pas pouvoir arrêter de penser.