Hier soir, mon fils et moi sommes allés guetter la comète. Le ciel était brouillé mais vers onze heures moins le quart, nous l’avons enfin trouvée. Mon père, avec lequel je ne m’entends pas ( je devrais dire « plus »)  a une connaissance infinie du ciel et de bonnes jumelles.

J’ai donc vu la comète. Mon fils, lui, est trop petit pour manipuler assez bien l’engin et rester stable : il croit avoir vu la comète mais n’a vu en fait qu’une quelconque étoile qui, il est vrai, n’était pas visible à l’oeil nu.

Il avait entendu dire que c’était une comète qui ne faisait qu’un passage dans le cosmos et qu’elle serait désormais invisible par tous à jamais.

Quelle que soit l’époque, même des siècles, même des millénaires après notre mort à tous.

Une éphémère...

Il est à l’âge des premières grandes interrogations, de celles qui marquent, de l’éveil de la conscience à l’ineffable.

Persuadé d’avoir vu LA comète, il m’a dit « C’est une nuit que je n’oublierai jamais ».

Et j’aime penser qu’il pense ainsi.