M COMME MANQUE 16 ( FRANCOISE MAITRESSE - ANNICK FOUCAULT ) ...

 

Lorsque j’avais posté mes textes « L comme Littérature », j’avais indiqué que, bien qu’il soit une lecture quasiment indispensable pour se faire une idée de la sphère BDSM, je n’évoquerais pas «  Françoise Maîtresse » de Annick Foucault parce que ce livre ne m’avait pas intéressée dans son ensemble…

Je voulais dire par là que la seconde partie de l’ouvrage, celle où « Françoise » évoque, de chapitre en chapitre, toute une galerie de portraits d’hommes soumis n’avait pas vraiment capturé mon attention, que je l’avais trouvée lassante…

 

Je viens de relire ce livre et bien que n’ayant pas changé d’avis sur ce dernier point, je pense néanmoins que ce texte doit trouver sa place sur ce blog…

« Françoise » est sans aucun doute la « Maîtresse » la plus connue en France. Son itinéraire est pourtant tout à fait particulier puisqu’elle passa du rôle de soumise ( ou plutôt de masochiste) à celui de Dominatrice . Si j’éprouve toujours des doutes sur l’authenticité de ces brusques « changements » de rôles, ce n’est pas le cas lorsque je lis « Françoise » : tout son itinéraire est limpide et clairement expliqué dans ce livre qui, en outre, donne une vision très « documentée », tant par l’expérience que par la réflexion, de l’univers SM … Et je ne dis rien du texte de « présentation »  du livre : un pur bijou de polémique signé Jean-Jacques Pauvert !!!

 

Une petite explication s’impose afin de ne pas paraître « sectaire ». Si, en général, je suis perplexe sur le cas de personnes qui de soumises deviennent dominatrices  (en restant soumises) c’est que j’ai été très marquée par le misérable exemple d’une histoire (vraie) qu’il m’a été donné de lire sur la toile : une femme soumise et masochiste se réclamant haut et fort de ce statut - de manière plus que convaincante pour moi à l’époque- que j’ai retrouvée quelques deux ans plus tard toujours (juste un peu moins) soumise et plus du tout masochiste mais avec une belle profession de foi de dominatrice ( tout aussi convaincante mais moi beaucoup moins convaincue cette fois-ci),  cette nouvelle « tendance » affichée dans le but de se repaître avec son « maître » de la dernière conquête de celui-ci et, qui plus est, affirmant aux autres qu’il fallait profiter de toute occasion,  une fête par exemple, pour tenter le changement de rôle, et last but not least, saupoudrant le tout d’une pincée d’apologie du libertinage . Un fourre-tout de sexe à la mode ou un tableau pathétique. Au choix.

Ayant appris entre temps que c’était l’habitude pour cette femme de passer son temps à courir ainsi sous ses multiples figures derrière un compagnon « coureur », courant, hélas, toujours un peu plus vite…

Moi, les choses que l’on fait par calcul, par désespoir ou pour garder quelqu’un à tout prix…

 

« Françoise Maîtresse » n’est pas de celles-ci : vous trouverez chez elle le récit d’une vie de femme, de femme authentique, avec ses bonheurs et ses malheurs ( très grands parfois du point de vue intime, dix lignes de ce livre m’ont fait pleurer) racontés avec une infinie pudeur ( mais oui !) et vous découvrirez quelqu’un de toujours attentif et respectueux de l’autre, et de jamais dupe…

Cela mérite bien d’en oublier les scènes un peu trop répétitives de la seconde partie, non ?

 

Pour la photo qui illustre ce texte, « Françoise Maîtresse » que j’ai souvent vue à la télévision (et qui n’ a pas du tout ce physique-là) comprendra si un jour, d’aventure, elle passe sur ce blog : moi, quand je la lis, c’est ainsi que je l’imagine…

 

Voici donc quelques lignes auxquelles nous adhérons complètement  et qui sont toute la quintessence de l’existence de ce sous-titre farceur d’ « Encyclopédie BDSM » que porte ce blog…

 

 

 

« La mode « sadomaso » a engendré beaucoup de faux-semblants qui exaspèrent les puristes. L’émotion ne s’apprend pas. Onirique, elle arrive d’un lointain voyage, du plus profond de notre inconscient. Lorsque l’on est ainsi, il n’existe nul stéréotype. Il n’y a plus de loi. Juste un art. Un masochiste ne se plie pas aux caprices inconsidérés des frimeurs .

On connaît les petits snobs du sadomasochisme, et leurs images sont le plus souvent héritées d’Histoire d’O : cul nu sur la moleskine, ils se baladent dans les soirées spécialisées, ou dans un bistrot parisien, avec leur chien et leur chienne en laisse.

Le conformisme existe dans la marginalité. C’est la pire des aventures qui pouvait nous arriver. Cette façon d’agir n’est, hélas, pas toujours du meilleur goût, quelquefois dangereuse, et le plus souvent guidée par la méconnaissance. »

 

            Annick Foucault – Françoise Maîtresse – La Musardine -