AUGUSTE RODIN

 

M COMME MANQUE 13 ( GEORGES BATAILLE - L'EROTISME ) ...

 

J’ai décidé dès le début de ne jamais faire un post sur Bataille. Impossible, inextricable que de parler de lui et d’être comprise avec certitude. Bataille n’est « lisible » qu’avec de grandes compétences pour le resituer et notamment en son temps. Sinon, c’est le contresens assuré !

Or, depuis, les années de la révolution sexuelle sont passées par là, en faisant à l’époque de Bataille l’un des « papes » de la transgression über alles, le chantre de Sade, ce qu’il n’était bien évidemment pas, du moins en ces termes, son expérience chrétienne de jeunesse en témoigne, puis est venu l’âge que nous traversons actuellement et qui se déploie autour de deux axes : un néo-puritanisme qui avance à peine masqué et son double hideux, une culture sexualo-commerciale… Alors, en ces temps, parler de Bataille et en donner mon interprétation malgré ce salmigondis, je ne m’y risquerai pas. Pari perdu d’avance.

A chacun(e) de faire son chemin « chez » ou « avec » Bataille, un chemin strictement personnel de découverte ou d’analyse.

Mais comme j’ai parlé de Laure hier…

Pour moi, ici, seulement quelques lignes de « L’érotisme », que j’aime, et sans aucun commentaire…

 

«  Il y a dans la nature et il subsiste dans l'homme un mouvement qui toujours excède les limites, et qui jamais ne peut être réduit que partiellement. De ce mouvement nous ne pouvons généralement rendre compte. Il est même par définition ce dont jamais rien ne rendra compte. »

 

« Il est en nous des moments d'excès : ces moments mettent en jeu le fondement sur lequel notre vie repose ; il est inévitable pour nous de parvenir à l'excès dans lequel nous avons la force de mettre en jeu ce qui nous fonde. C'est bien au contraire en niant de tels moments que nous méconnaîtrions ce que nous sommes. »  

 

 

                        Georges Bataille – L’érotisme - 1957