Comme je ne sais pas faire de trackback, je mettrai un lien...

Cette nuit, Stéphane nous a posé la question « Pourquoi bloguer ? »

Malgré l’heure tardive, j’ai tenté une réponse qui, quelques heures après, ne me satisfait plus vraiment ; elle répond bien sûr, point par point à son texte mais elle ne dit pas clairement  pourquoi je blogue, moi…

 

Au départ, je n’avais pas envie de tenir un blog même s’il se trouve que j’ai connu l’existence de ce phénomène dès l’été 2002.

J’en ai tenu un pour voir quelques mois ici dès l’automne cependant. Il s’agissait alors pour moi d’une expérience puisque je considérais que mon vrai lieu d’expression se trouvait alors situé ailleurs sur un forum. C’est amusant d’ailleurs car, pour finir sur ce forum, il doit y avoir en tout et pour tout vingt-cinq textes de moi dont huit « importants » et les autres de quelques lignes. Et dire que j’ai tant pleuré lorsqu’on m’en a chassée !

La parole m’ayant été « déniée » sur ce forum, j’ai alors blogué pour de bon et dans le but de raconter l’histoire saugrenue de cette expression « volée » : il paraît que ça ne se fait pas, la preuve, vous ne pouvez plus lire ce premier blog !

Alors, il y a eu ce lieu que vous visitez aujourd’hui. Vous êtes en effet sur un AURORA 2 en quelque sorte.

 

Je me souviens que dans les mois qui avaient précédé la grande crise, la personne qui tenait le forum avait proposé à ceux qui se trouvaient en dissidence de partir et d’aller en ouvrir un  du même type ailleurs s’ils le désiraient, il proposait même de donner les indications techniques pour ce faire.

Je n’ai jamais eu la moindre intention de tenir un forum, je n’en voyais pas l’intérêt. Par contre, j’ai toujours désiré écrire sur les choses qui me tiennent à cœur. Ecrire et donner à lire.

Ecrire OU donner à lire comme je le fais ces jours-ci où je ne m’exprime plus à titre personnel puisque M. ne peut me lire, sans ordi dans sa maison de convalescence, mais où je vous propose à lire soir après soir « des mots des autres » si tant est qu’ils aillent dans le sens de ce que je veux pour ce blog…

 

Pourquoi je blogue ?

Je blogue pour moi donc tout d’abord, pour accomplir le même acte d’expression que sur le forum d’antan (parler du même sujet, l’ouvrir à tous) mais sans plus de Cerbère ou de Minerve pour me mesurer la parole : je ne suis plus chez eux, je suis chez moi !!!

Et du coup, j’en suis arrivée à dire bien plus de choses que je ne le pensais et surtout à ME dire d’une façon que je n’aurais jamais cru possible.

Ma seconde raison de bloguer rejoint cette dernière idée : me dire à ce point, c’est bloguer par amour. Par amour pour M.

Mais là, je rentrerais dans ce qui est la ligne directrice de mon blog et je ne le désire pas… Disons qu’ici nous sommes dans l’un de mes posts « généralistes » et non consacrés au BDSM, je ne veux que me définir par rapport à l’acte du blog…

 

Il s’agit pour moi de me créer plus ou moins au quotidien un espace d’expression libre dont je laisse la fenêtre ouverte et la lumière allumée. Vous pouvez passer devant chez moi, entamer une discussion ou ne rien dire ou même vous apercevoir que ce que vous voyez par la fenêtre ne vous plaît pas et hâter le pas… Il y a tant de fenêtres allumées et ouvertes… Tant de façons de vivre et de se dire en l’écrivant. Ici est la richesse des blogs…

 

Certains ont des fenêtres ornées de géraniums, d’autres sont ouvertes sur de la musique, d’autres encore attirent notre œil vers des choses que nous n’aurions pas vues, d’autres nous interpellent depuis leur salon pour nous faire prendre conscience de faits que l’actualité lambda se garde bien de nous montrer, d’autres encore nous laissent simplement les regarder vivre avec leurs fêlures et leurs brisures ou bien aussi avec leurs joies et leurs moments d’exaltation.

Quelques-uns ont des fenêtres à farces et attrapes : on se penche vers chez eux et hop ! un diable sort de la boîte et nous tire la langue.

D’autres encore écrivent de longues sagas dont nous ne manquerions pour rien un épisode et se servent du blog comme d’un "éditeur"….

 

Vous l’aurez compris, je veux dire simplement que chaque blog a ses raisons comme chaque blog a son parfum… Ici, on sent des exhalaisons de musc, ici de seringa, là, ça sent la clope  ou encore le café et là,  le lait qui bout pour le petit enfant…

 

Mais que c’est bon de passer devant ces fenêtres !

Et que c’est merveilleux d’avoir la sienne, largement entrouverte sur le printemps… En ce moment vous n’imaginez pas à quel point c’est de m’astreindre à garder cette fenêtre ouverte et à entretenir mes quelques fleurs qui m’aide à tenir le coup, à franchir cette étape qui aura été si douloureuse pour nous.

 

Je n’ai placé aucun lien dans ce texte même si certains auront reconnu les fenêtres que je décrivais. Ce que je voulais montrer, c’était aussi l’intérêt de ne pas faire de nombrilisme et de s’intéresser justement à toutes, comme il est bon de lire toutes sortes  de genres en littérature et toutes sortes de revues pour s’informer…

C’est pour ça qu’on blogue, Stéphane : pour son blog et pour ceux des autres !

Et c’est ça que j’appelais hier soir sur mon commentaire à ton post un espace de liberté.